En 2024, Santorin a enregistré 3,4 millions de visiteurs, soit 220 touristes pour 100 habitants. Une pression insoutenable pour une île de 76 km², où les files d’attente pour prendre la photo Instagram devant les chapelles d’Oia peuvent durer 20 minutes. Le rêve égéen version carte postale existe toujours, mais il faut désormais le partager avec des milliers d’inconnus armés de perches à selfie. En 2026, les voyageurs les plus avisés ont pris acte : il existe mieux, plus calme, et souvent moins cher, ailleurs dans les Cyclades.
À retenir
- Santorin impose désormais une taxe de 20 € aux croisiéristes et plafonne les visiteurs : est-ce vraiment le prix du paradis ?
- Naxos, cinq fois plus grande que Santorin et deux fois moins chère, devient la destination incontournable des Cyclades
- Découvrez les îles secrètes où la Grèce authentique existe encore : Folegandros sans aéroport, Milos la spectaculaire, Sifnos la gourmande
Sommaire
Santorin sous pression : le paradis qui s’est barricadé
La Grèce impose depuis juillet 2025 une taxe de 20 € par croisiériste à Santorin et Mykonos en haute saison (du 1er juin au 30 septembre), contre 5 € pour les autres îles. Le pays a accueilli 40,7 millions de touristes en 2024, soit une hausse de 12,8 % par rapport à 2023, un afflux massif qui a poussé les autorités à réagir. Ce n’est pas anodin : dès le 1er juin 2026, chaque croisiériste paie 20 € de taxe à Mykonos et Santorin.
Les mesures incluent également un plafonnement à 8 000 croisiéristes par jour, l’interdiction de créer de nouveaux hébergements touristiques, et des zones à accès limité comme le Vieux Port de Fira et certaines sections des falaises. À cela s’ajoute une inflation des prix d’hébergement de +37 % depuis 2023. Le tableau est éloquent. Santorin reste magnifique, personne ne le conteste, mais l’expérience s’est érodée, fractionnée, tarifée. En 2026, Naxos prend la place de Santorin dans les Cyclades dans les recherches de nombreux voyageurs, et ce n’est pas un hasard.
Naxos : la plus grande des Cyclades, la moins saturée
Naxos est la plus grande des Cyclades et, paradoxalement, l’une des moins saturées de touristes. Elle n’a pas de « carte postale » iconique à vendre, juste une qualité de vie extraordinaire. C’est précisément ce qui en fait sa force. La vraie Cyclade de 2026, c’est Naxos : cinq fois plus grande que Santorin et deux fois moins chère.
L’intérieur de l’île dévoile des villages de montagne comme Apeiranthos, construit en marbre, presque fantomatique, et des vallées fertiles où poussent les pommes de terre, les courgettes et le fromage graviera. C’est une des rares îles grecques où l’on mange aussi bien à l’intérieur des terres que sur le port. Naxos n’a jamais arrêté de vivre de son agriculture : fromage graviera, citron, marbre blanc, vin local. Le tourisme est un revenu parmi d’autres, pas une monoculture. Résultat : une authenticité qui tient la route, même en plein été.
Naxos est citée comme l’une des îles les plus complètes et authentiques de Grèce, avec une croissance d’environ 30 % des arrivées aériennes en 2025 et une meilleure répartition des visiteurs sur mai-juin et septembre-octobre. En 2026, Naxos mise aussi sur la randonnée avec un nouveau réseau de sentiers balisés financés par l’Union européenne, pour profiter de l’île au-delà des plages. Autre atout concret : comptez 30 à 50 % moins cher qu’à Santorin sur l’hébergement, la restauration et même les transferts.
Folegandros et Milos : deux îles pour deux humeurs
Pour ceux que même Naxos commence à trouver trop connue, deux noms reviennent dans toutes les conversations de voyageurs sérieux : Folegandros et Milos.
Folegandros est une île sans aéroport, où les bateaux de croisière ne sont pas autorisés à accoster, et où seulement 700 habitants vivent à l’année environ. Chiffre vertigineux comparé aux 15 500 résidents permanents de Santorin déjà submergés. Pour les voyageurs qui aiment la silhouette dramatique de Santorin mais sont épuisés par ses foules interminables, Folegandros est le choix parfait : falaises escarpées, maisons blanchies à la chaux, criques sauvages difficiles d’accès, et un rythme égéen où rien ne se presse. Folegandros attire en 2026 une clientèle plus jeune et plus exigeante, portée par le classement de l’île parmi les destinations prioritaires de la génération Z selon Airbnb.
Milos est probablement l’île grecque la plus spectaculaire dont on n’a jamais entendu parler. Ses côtes découpées révèlent des formations rocheuses aux teintes ocre, blanc et rouille absolument irréelles : Sarakiniko, la plage lunaire, est l’une des plus photographiées de Méditerranée, et pourtant l’île reste à taille humaine. Le village principal, Chora, est considéré comme l’un des plus beaux des Cyclades : ruelles fleuries, tavernes sans menu plastifié, couchers de soleil sur la falaise. Milos a trouvé le bon équilibre : assez connue pour disposer d’une vraie infrastructure, pas assez pour être défigurée.
Le cas Folegandros mérite un avertissement honnête : ses plages sont peu nombreuses, souvent constituées de galets, et l’accès demande parfois une marche sur sentier. Le voyageur qui attend du sable fin et des transats sera déçu. C’est une île pour marcheurs et amoureux du silence, pas pour familles en quête de club de plage.
Les îles encore plus secrètes : le bout du bout
Sifnos est réputée pour sa gastronomie : c’est l’île natale de Nikolaos Tselementes, le père de la cuisine grecque moderne. Un détail qui change tout pour qui voyage autant avec l’estomac qu’avec les yeux. Des ateliers de poterie, des sentiers de randonnée balisés, des chapelles blanches à chaque virage.
L’une des îles les plus discutées est devenue Astypalée. L’intérêt pour cette destination est alimenté par des investissements dans l’énergie verte, un développement limité et une architecture caractéristique des Cyclades. On l’appelle déjà « Santorin sans la foule ». Les Petites Cyclades, regroupant Koufonissi, Schinoussa, Donoussa et Iraklia, sont l’alternative idéale aux destinations phares. Ici, le quotidien s’accorde au murmure des vagues et au charme des villages de pêcheurs.
Un dernier point que les guides négligent souvent : Thirassia, posée face à l’effervescente Santorin, en est le miroir paisible. Elle propose une architecture cycladique identique, des coupoles d’un bleu profond et des couchers de soleil tout aussi magiques sur la caldeira, mais avec une sérénité et des prix bien plus doux. La même vue. L’exact opposé de l’ambiance. Et accessible en une courte traversée depuis le port de Santorin, pour ceux qui veulent cocher les deux cases dans un même voyage.
Source : visiter-les-cyclades.fr
