Oahu était sur la liste. Bien sûr. La plage de Waikiki, les couchers de soleil sur fond de gratte-ciels, les cocktails à 18 dollars. C’est là que tout le monde va quand on dit « je pars à Hawaï. » Puis, presque par accident, un vol intérieur d’une heure change tout. Big Island, l’île d’Hawaï, n’est pas juste une autre destination de l’archipel. C’est une autre planète.
À retenir
- Big Island possède 9 des 12 zones climatiques mondiales dans un seul endroit
- Les plages de sable noir, vert et doré rivalisent avec n’importe quel littoral tropical
- Le Kilauea actif offre une expérience géologique qu’aucun guide touristique ne peut capturer
Sommaire
Une île grande comme toutes les autres réunies
Avec ses 10 432 km², Big Island est pratiquement deux fois plus grande que toutes les autres îles hawaïennes réunies. Ce chiffre seul ne dit pas grand-chose, jusqu’à ce qu’on prenne le volant et qu’on réalise qu’on peut passer d’un désert côtier aride à une forêt tropicale dense en moins d’une heure. Big Island abrite 9 des 12 zones climatiques mondiales. C’est le genre de statistique qu’on lit sans vraiment y croire, jusqu’à ce qu’on se retrouve en t-shirt sur une plage de sable noir à midi et qu’on enfile un pull au sommet du Mauna Kea trois heures plus tard.
Sa superficie permet de rassembler quatre zones climatiques distinctes: des zones désertiques côtières de Kona aux forêts pluviales d’Hilo, en passant par les sommets enneigés des volcans. Ce contraste permanent est ce qui rend l’île proprement addictive. On ne choisit pas Big Island pour une plage en particulier. On la choisit parce qu’elle refuse de se résumer à une carte postale.
Des plages que personne ne vous a décrites
Le préjugé est tenace : Big Island aurait de « mauvaises » plages. La réalité est plus intéressante. Ce qui rend les plages de Big Island spéciales, c’est leur variété : au lieu d’un seul type de littoral, on obtient tout un spectre, sable noir, vert, blanc et doré. Difficile de trouver ça ailleurs sur Terre.
La plage de Punalu’u, avec son sable noir, est l’une des plus connues, et elle est souvent fréquentée par des tortues vertes hawaïennes qui viennent se reposer au soleil. Puis il y a Papakolea, l’une des rares plages de sable vert au monde, dont l’accès est une aventure en soi. Ce sable vert tire sa couleur d’un minéral volcanique, l’olivine, qui s’est érodé sur des millénaires. Sur la côte Kohala, on trouve de longs rubans de sable doré à Hapuna Beach et Mauna Kea Beach, qui rivalisent avec n’importe quelle plage de l’État.
Pour la baignade et le snorkeling, les eaux claires issues de la jeune géologie de l’île offrent certains des meilleurs spots de plongée et de snorkeling de tout Hawaï. Et Big Island est la seule île hawaïenne où il est possible de nager avec des raies manta, ce qui devrait figurer sur toutes les listes de bucket list. Ces géantes des mers, attirées par la lumière sous-marine au large de Kona, glissent sous les plongeurs comme des ombres bienveillantes. L’expérience est difficile à raconter.
Le Kilauea : voir la Terre se faire
Le Kilauea est la vedette du Parc National des Volcans d’Hawaï, seul site du classement UNESCO de l’État. Le volcan reste actif, l’un des plus actifs au monde, crachant de la lave orange, rejetant de la vapeur et rougeoyant avec une régularité presque déconcertante. Ce parc, immense (1 435 km²) et en perpétuel changement, ne ressemble jamais à ce qu’il était lors de la visite précédente. C’est l’une des rares destinations au monde où la géographie se modifie littéralement d’une année sur l’autre.
Lorsque les conditions sont sûres, on peut longer le bord du cratère sur la Crater Rim Drive, un circuit de 17 kilomètres. La nuit, si l’activité volcanique le permet, le ciel au-dessus du cratère prend une teinte rouge sang. C’est gratuit, c’est réel, et c’est infiniment plus saisissant que n’importe quel show touristique de Waikiki.
Au nord du parc, le Mauna Kea pousse l’expérience dans une autre direction. Mauna Kea est célèbre pour ses observatoires astronomiques et ses ciels d’une clarté exceptionnelle. Beaucoup de visiteurs se rendent au Mauna Kea à la tombée de la nuit pour assister au coucher du soleil, avec un visitor center à mi-chemin qui marque la fin des voitures de tourisme ordinaires et permet de s’acclimater à l’altitude. À 4 207 mètres, on est au-dessus des nuages, littéralement, avec le Pacifique qui disparaît sous une couette blanche à l’horizon.
L’argument décisif contre Oahu (pour certains voyageurs)
Selon une étude de 2019, plus de 60 % des visiteurs de Hawaï se rendent à Oahu. Soixante pour cent. Cela se ressent physiquement sur la plage de Waikiki, coincé entre des centaines de transats et des vendeurs de tours en catamaran. L’espace sur la plage y est limité, et l’atmosphère reste résolument urbaine, ce qui peut être exactement ce qu’on cherche, ou précisément ce dont on voulait se débarrasser en partant.
Là où Oahu reste très touristique dans de nombreuses zones, Big Island est plus en contact avec l’ambiance décontractée des locaux, tout en permettant de vivre des expériences de bucket list. La différence ne se mesure pas en kilomètres mais en densité humaine. Sur Big Island, on peut s’arrêter au bord d’une route de lave, couper le moteur et n’entendre que le vent. Ce silence, à Hawaï, vaut de l’or.
Côté budget, le coût journalier moyen par personne est d’environ 371 dollars à Oahu contre 327 dollars à Big Island, en incluant l’hébergement, la nourriture, le transport et les loisirs. La différence reste modeste, soit environ 40 dollars par jour (environ 37 €), soit l’équivalent d’un cocktail de trop à Waikiki — mais elle s’accumule sur une semaine.
Un détail pratique que beaucoup ignorent : des vols directs relient quotidiennement Honolulu (HNL) à Kona (KOA), avec des départs quasiment toutes les heures. La traversée dure moins d’une heure. Combiner les deux îles reste donc tout à fait envisageable sur un séjour de dix jours. Passer quelques nuits à Oahu pour la culture et l’histoire, puis basculer sur Big Island pour le reste. Répartir ses nuits entre Kailua-Kona, Hilo et la région de Volcano permet d’optimiser les déplacements et de ne rater ni le Kilauea ni les plages de la côte Kohala. Ce que peu de guides disent clairement : Big Island se visite en voiture, et l’expérience change radicalement selon qu’on dort côté Kona (sec, ensoleillé) ou côté Hilo (luxuriant, humide, et beaucoup moins fréquenté).
Source : auxboubousdumonde.fr
