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J’ai découvert ce petit pays alpin par hasard : entre lacs turquoise et cols à 2000m, je ne retournerai plus jamais sur la Côte d’Azur

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La Slovénie a accueilli plus de 5 millions de touristes étrangers en 2024, soit une augmentation de 8,5 %, et pourtant, le pays reste encore largement méconnu des Français qui brûlent leur budget sur les plages bondées de la Méditerranée. Coincée entre l’Italie, l’Autriche et la Croatie, cette petite République de 2 millions d’habitants concentre sur 20 000 km² une densité de paysages que l’on peine à trouver ailleurs en Europe. Des lacs d’un bleu irréel, des cols de montagne suspendus au-dessus du vide, une rivière dont la couleur semble sortie d’un filtre Instagram. Mais tout cela est bien réel.

À retenir

  • Pourquoi le lac de Bled est une arnaque touristique et où trouver la vraie merveille à côté
  • Comment 50 virages numérotés racontent un siècle d’histoire alpine oubliée
  • La couleur impossible de la rivière Soča qui défie les lois de la nature

Bled, l’image. Bohinj, la vérité.

Le lac de Bled est une étape incontournable lors d’un séjour en Slovénie. Ce magnifique lac alpin entouré de forêts à perte de vue, de châteaux médiévaux et de montagnes enneigées offre en un coup d’œil tout ce qu’il y a de plus beau en Slovénie. C’est aussi la carte postale la plus vendue du pays, reproduite à l’infini sur les réseaux sociaux. Résultat : en haute saison, les rives se transforment en défilé de smartphones.

À 26 kilomètres de là se cache la vraie récompense. Le lac de Bohinj, plus grand lac de Slovénie, se trouve à seulement quelques kilomètres de Bled. Plus sauvage, ce lac est moins touristique et moins urbain et se présente comme un véritable havre de paix pour les amoureux de la nature. Le lac de Bohinj est le plus grand lac permanent de Slovénie, situé à l’intérieur du parc national du Triglav. D’une superficie de 3,18 km² et situé à une altitude de 525 m, il est long de 4,2 km tandis que sa largeur est au maximum de 1 km. Des dimensions modestes sur le papier, mais une présence écrasante dans le paysage, cerné par les crêtes du Triglav qui se reflètent dans une eau d’une transparence absolue.

Les Pletna (bateaux en bois à rames qui ressemblent à des gondoles), paddles et kayaks y sont privilégiés. Pas de bateaux à moteur, pas de DJ set en terrasse, pas de parasols loués à prix d’or. Un lac, de l’eau froide, des montagnes. C’est suffisant.

Le col de Vršič : 50 virages pour changer de monde

Le col du Vršič est un col de montagne des Alpes juliennes dans le nord-ouest de la Slovénie, à une altitude de 1 611 mètres. Ce n’est pas le plus haut d’Europe, mais c’est probablement le plus dramatique à parcourir. L’accès au col se fait depuis Kranjska Gora en venant du nord, dans une série de cinquante virages en lacet. La descente se fait par la vallée de la Soča au sud. Cinquante virages numérotés, pavés pour certains d’entre eux, un détail qui donne le sentiment de traverser un siècle d’histoire autant qu’une montagne.

Ce sentiment n’est pas anodin. Le nom actuel, « route russe » (Ruska cesta), fait référence aux quelque dix mille prisonniers de guerre russes utilisés comme ouvriers dans la construction de 1915. Juste à côté de la route principale, sur le versant nord du col, à une altitude d’environ 1 200 mètres, se trouve une chapelle orthodoxe russe, construite par les prisonniers de guerre russes pour commémorer leurs camarades décédés lors de la construction de la route. Une halte silencieuse s’impose, avant que le panorama sur les sommets des Alpes juliennes ne reprenne toute la place.

Une fois le col franchi, le décor bascule. La végétation change, la lumière change, et la Soča apparaît.

La Soča : la rivière la plus irréelle d’Europe

La Soča est souvent appelée la « Beauté Émeraude » en raison de sa couleur turquoise envoûtante. Ces mots sont exacts mais insuffisants. L’eau glaciaire de la rivière Soča est d’un indescriptible bleu-vert, si belle, si limpide, sa couleur si irréelle. Le phénomène s’explique par la minéralogie des roches calcaires des Alpes juliennes, qui filtrent l’eau et lui confèrent cette teinte que l’on croit d’abord artificielle. La vallée de la Soča est surtout connue pour sa rivière à la couleur parfois aigue-marine, parfois émeraude, et à la pureté cristalline. La Soča prend sa source à Trenta, à 900 m d’altitude et coule sur 140 kilomètres.

La vallée de la Soča est la première destination outdoor de Slovénie : une vallée d’action, de festivals et de découvertes. La rivière émeraude permet de pratiquer divers sports nautiques, et de nombreux sentiers thématiques longent la rivière, révélant l’héritage de la Première Guerre mondiale. Kayak, rafting, randonnée sur les berges, dans la vallée de la Soča, plus de 60 agences sportives emploient des guides formés et expérimentés. Un écosystème touristique qui a su rester humain, sans jamais verser dans l’industrie de masse.

La rivière cache un autre record discret : la Soča abrite la plus grande truite du monde (Salmo marmoratus), qui peut dépasser 120 cm de longueur. Ce détail résume bien la Slovénie : sous chaque surface évidente se trouve quelque chose d’inattendu.

En pratique : ce qu’il faut savoir avant de partir

En Slovénie, pas besoin d’avaler des kilomètres pour changer d’ambiance : en une journée, on passe des sommets alpins à une baignade dans un lac glaciaire, puis à un dîner face à la mer. Ce petit pays d’Europe centrale offre une diversité de paysages exceptionnelle, des routes en excellent état, des distances courtes et une vraie douceur de voyage.

La logistique est simple : Ljubljana, la capitale, est accessible en avion depuis Paris en moins de deux heures. De là, les plus beaux paysages slovènes s’enchaînent en circuit : lacs, montagnes, rivière émeraude et villages côtiers, sans jamais rouler plus de deux heures par jour. Un road-trip en voiture de location reste la formule la plus libre, les distances entre Bled, Bohinj et la vallée de la Soča ne dépassent jamais 60 kilomètres à vol d’oiseau.

Un point à anticiper : l’hôtellerie est chère en Slovénie, plus chère qu’en France ou que dans d’autres destinations touristiques classiques comme l’Espagne et l’Italie. La raison est simple : le tourisme a connu une croissance énorme dernièrement et l’offre hôtelière n’a pas encore suivi, si bien qu’il y a beaucoup de touristes pour peu d’hôtels. Réserver plusieurs mois à l’avance n’est pas une précaution excessive, c’est une nécessité. Le camping sauvage est strictement interdit en Slovénie et les refuges sont déjà presque tous complets dans les zones géographiques les plus fréquentées.

L’été est la meilleure période pour visiter la Slovénie. C’est certes la période la plus touristique, mais c’est aussi le seul moment où l’on peut se baigner dans les rivières et lacs alpins, profiter vraiment de la côte et pique-niquer tranquillement. L’automne est très joli aussi, car le pays est très forestier, il possède le troisième plus grand couvert forestier d’Europe en proportion au pays. Ceux qui fuient les foules auront intérêt à viser septembre ou la première quinzaine d’octobre, quand les lumières rasantes des Alpes juliennes transforment chaque randonnée en séance photo involontaire — et quand le prix des nuitées redescend légèrement.