Chaque année, les mêmes réflexes reviennent dès que l’on parle d’automne canadien : un vol pour Montréal, deux jours à Québec, et la promesse d’un érable rouge photographié depuis le Vieux-Port. Le calcul se tient. Il laisse simplement de côté une capitale où la forêt commence là où s’arrête la ville.
Ottawa n’apparaît presque jamais dans les itinéraires d’automne. C’est pourtant l’une des rares villes d’Amérique du Nord où l’on peut petit-déjeuner en centre-ville, marcher sous les érables dans l’après-midi, et dîner le soir dans un marché fondé il y a bientôt deux siècles. Entre les trois, il y a quelques minutes de trajet.
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Une forêt d’érables à quelques minutes du centre-ville
Le parc de la Gatineau, placé sous la responsabilité de la Commission de la capitale nationale, commence à quelques minutes du centre-ville d’Ottawa. Ce n’est pas une excursion à la journée que l’on case entre deux étapes : c’est le prolongement direct de la ville.
On y trouve des érables rouges, des bouleaux dorés et des panoramas sur la vallée de l’Outaouais, avec pour point de mire le belvédère Champlain Lookout. Les sentiers sont adaptés à tous les niveaux, du promeneur qui veut une heure de marche au randonneur qui enchaîne les kilomètres. Chaque automne, des centaines de milliers de visiteurs y passent. Autant dire qu’on n’y est jamais seul.
Le Coloris automnal, du 1er au 25 octobre 2026
L’événement s’appelle le Coloris automnal et se tient du 1er au 25 octobre 2026. C’est la fenêtre que vise la majorité des visiteurs, et celle autour de laquelle s’organise tout le dispositif d’accueil du parc.
Réserver un vol pour la mi-octobre plutôt que pour la fin septembre change donc beaucoup de choses. Cela dit, aucune date ne garantit un feuillage à son apogée : la couleur dépend de la météo des semaines précédentes, pas d’un calendrier. Ce qui est calé à l’avance, en revanche, c’est tout ce qui s’organise autour — et quand on réserve depuis la France, ça compte.
La navette gratuite règle le problème que personne n’anticipe
En octobre, le problème, c’est le stationnement. Au plus fort de la saison, les aires du parc affichent complet, et l’organisme qui le gère conseille lui-même d’avoir une solution de secours avant de prendre la route. Des voyageurs se sont déjà vu refuser l’accès à Moraine Lake faute de place, dans les Rocheuses, et redescendre des dizaines de kilomètres sans avoir rien vu. Le scénario n’a rien d’exotique.
Ce plan B, c’est la navette, et elle ne coûte rien. Elle assure la liaison de la mi-mai à la fin octobre, tous les jours à l’exception du mercredi, à raison d’un passage par demi-heure. On ne réserve pas : les sièges se prennent sur place, en nombre limité, dans l’ordre d’arrivée. Pendant les trois semaines de l’événement, la flotte est renforcée pour encaisser l’affluence.
Reste à savoir d’où l’on part. Le week-end et les lundis fériés, l’embarquement se fait en plein centre, aussi bien du côté d’Ottawa que de Gatineau. Les autres jours, il faut d’abord gagner la station Rapibus Montcalm, à Gatineau. Le terminus, lui, ne change pas : le Centre des visiteurs de Chelsea. L’aller-retour vers la forêt se boucle donc sans louer la moindre voiture — à condition de ne pas tomber un mercredi, le seul jour où rien ne circule.
Un canal classé à l’UNESCO qui traverse le centre
De retour en ville, le canal Rideau prend le relais. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, il se parcourt à pied comme à vélo, entre des berges bordées d’arbres colorés, des cafés, des parcs et des points de vue sur le centre-ville.
Ce canal n’est pas un tronçon isolé au milieu des immeubles : il s’inscrit dans un vaste réseau de sentiers et de pistes cyclables qui irrigue toute la région. Ottawa compte plus de 800 kilomètres de pistes cyclables et de sentiers polyvalents, avec des itinéraires qui longent la rivière des Outaouais et le canal, et qui traversent la Ceinture de verdure. C’est ce réseau, plus que ses monuments, qui rend la ville agréable à parcourir.
Le marché By, premier marché en plein air du Canada
Le marché By est le quartier le plus emblématique d’Ottawa et la première attraction touristique de la région. Il rassemble plus de 500 commerces, restaurants, cafés, galeries et boutiques, et abrite le premier marché en plein air du Canada. Il fêtera ses 200 ans en 2027.
En automne, les terrasses tiennent encore, les producteurs locaux installent leurs étals à l’extérieur, et les menus font la part belle aux produits de l’Ontario et aux spécialités canadiennes revisitées. On y arrive à pied depuis le canal, et c’est tout l’intérêt de ce séjour : on ne passe pas ses journées dans les transports.
La Ceinture de verdure, et l’automne dans l’assiette
Moins connue que le parc de la Gatineau, la Ceinture de verdure mérite une demi-journée. Cette zone protégée réunit forêts, marais, fermes, sentiers et espaces naturels à quelques minutes du centre-ville. On y va pour la randonnée, l’observation des oiseaux, un pique-nique, la visite d’une ferme ou la cueillette de produits de saison.
C’est aussi ce qui remplit les assiettes. Entre les étals du marché, les torréfacteurs indépendants, les brasseries artisanales et les tables de quartier, la filière courte n’a rien d’un argument marketing : les fermes sont à la porte de la ville. En octobre, cela se traduit par des courges, des pommes, des cidres pressés sur place et des cartes qui changent avec la saison.
Ottawa ne remplace pas Montréal, elle s’ajoute
Rien de tout cela ne retire quoi que ce soit au Québec, dont les expériences automnales restent parmi les plus belles du continent, et où il existe de toute façon une vie bien au-delà de Montréal. Ottawa se glisse entre les deux : la ville est à portée de route depuis Montréal, et elle offre en une seule étape ce que l’on va souvent chercher beaucoup plus loin, dans les grands parcs nationaux du pays.
Un dernier point, à régler avant de réserver : les formalités d’entrée au Canada se préparent en amont, jamais à l’aéroport. Pour le reste, les dates sont connues : du 1er au 25 octobre pour le Coloris automnal, tous les jours sauf le mercredi pour la navette.
Sources : Tourisme Ottawa | Commission de la capitale nationale
