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« On réservait toujours dans le sud de Tenerife » : pourquoi ces habitués montent désormais dans le ferry de 40 minutes à Los Cristianos

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Quarante minutes de traversée, et le décor change complètement. C’est le temps qu’il faut désormais à une poignée de touristes fidèles au sud de Tenerife pour rallier La Gomera depuis le port de Los Cristianos, plutôt que de rester allongés sur le sable importé du Sahara de Costa Adeje. Le phénomène n’a rien d’anecdotique : il traduit un basculement discret dans les habitudes de vacances aux Canaries, où la saturation d’un côté nourrit la curiosité de l’autre.

Le calcul est vite fait. Il suffit de sauter dans un ferry au port de Los Cristianos sur Tenerife et, seulement 40 minutes plus tard, de débarquer sur l’île volcanique de La Gomera. Pour des vacanciers habitués depuis des années aux mêmes hôtels d’Arona ou d’Adeje, la tentation devient difficile à ignorer : une île entière, à portée de traversée, mais qui semble appartenir à un autre monde.

À retenir

  • Pourquoi le sud de Tenerife, autrefois refuge touristique, voit ses habitués chercher refuge ailleurs
  • La Gomera reçoit moins de 62 000 visiteurs annuels quand Tenerife en accueille 6,2 millions : le chiffre qui explique tout
  • 40 minutes de traversée suffisent à basculer d’un monde de resorts saturés à des forêts de nuages UNESCO

Le sud de Tenerife, victime de son propre succès

Los Cristianos, Playa de las Américas, Costa Adeje : trois noms, une seule bande côtière. Le sud de Tenerife est, sur la carte, une seule frange de côte d’environ six kilomètres qui se parcourt à pied par le front de mer, mais qui rassemble trois zones contiguës et très différentes. Cette concentration a un revers : des municipalités comme Arona ou Adeje, avec des noyaux touristiques comme Los Cristianos et Playa de las Américas, comptent plus de 65% de la capacité d’hébergement de l’île. deux tiers des lits touristiques de Tenerife se pressent sur une poignée de kilomètres de littoral.

Ajoutez à cela des records de fréquentation qui s’enchaînent année après année. Les Canaries dans leur ensemble ont même atterri sur une liste noire évoquée par certains guides de voyage anglo-saxons en 2026, pointant les tensions liées à la pression touristique. Tenerife et Gran Canaria connaissent des flux touristiques bien plus lourds que La Gomera ou El Hierro, ce qui pousse à regarder au-delà des grandes zones de resorts du sud de Tenerife. Pour les habitués qui reviennent chaque année dans le même complexe, le constat est simple : les files d’attente s’allongent, les plages se remplissent plus tôt, et la magie des premiers séjours s’étiole un peu.

De l’autre côté du détroit, une île qui a choisi la rareté

Le contraste est presque brutal. Là où le sud de Tenerife accueille des millions de visiteurs chaque année, La Gomera reste étonnamment épargnée. L’année dernière, cette île de 22 000 habitants a reçu moins de 62 000 visiteurs, contre 6,2 millions d’arrivées à Tenerife et près de 18 millions pour l’ensemble des Canaries. Le rapport donne le vertige : moins d’1% des flux touristiques qui déferlent sur sa grande voisine. La Gomera se distingue comme une alternative plus calme, attirant moins d’1% des visiteurs qui affluent vers Tenerife, sa voisine animée.

Ce n’est pas un hasard si l’île a longtemps été prisée par des personnalités en quête de discrétion, Angela Merkel en tête, qui y a passé plusieurs séjours à l’écart des projecteurs. Le paysage, lui, n’a rien à voir avec les resorts alignés du sud tinerfeño : forêts de laurisilva millénaires, sentiers volcaniques, et surtout le parc national de Garajonay, classé à l’UNESCO. Réputée pour ses montagnes volcaniques sillonnées de sentiers de randonnée, l’île abrite le parc national de Garajonay, classé à l’UNESCO, qui renferme l’une des forêts de nuages les plus impressionnantes d’Europe. Pour qui vient de passer une semaine coincé entre transats et bars à cocktails, le dépaysement est total.

Le patrimoine culturel ajoute une couche à l’attrait. À San Sebastián, capitale de l’île et point d’arrivée du ferry, se dresse la Torre del Conde, forteresse du XVe siècle, tout près de la Casa de Colón. On y explore la Casa de Colón, où Christophe Colomb aurait séjourné avant son voyage de 1492. Ajoutez à cela le silbo gomero, ce langage sifflé unique transmis de génération en génération, et l’île prend des allures de musée vivant, à mille lieues des animations de plage.

Comment s’organise la traversée, concrètement

La liaison est assurée par plusieurs compagnies, dont Fred Olsen Express et Naviera Armas, avec une fréquence appréciable pour une simple excursion à la journée. Avec environ six traversées quotidiennes, les horaires du ferry Los Cristianos-La Gomera peuvent varier selon la saison ou le jour de la semaine, mais en général le premier départ est vers 8h45 le matin, tandis que le dernier a lieu vers 20 heures. De quoi partir tôt et rentrer dormir dans son hôtel du sud tinerfeño le soir même, sans bouleverser toute l’organisation du séjour.

Côté tarifs, la fourchette reste raisonnable pour un aller simple ou un aller-retour dans la journée. Le prix moyen d’un billet de Los Cristianos à La Gomera avoisine 47€ à l’achat le jour même, mais on peut trouver des billets dès 34€. Un budget largement absorbable comparé au coût d’une excursion organisée classique, surtout que l’accès au port de Los Cristianos ne demande aucun détour : les départs se font depuis le port de Los Cristianos, situé au sud de Tenerife, près des principales zones touristiques de l’île, avec un accès facile depuis des lieux comme Playa de Las Américas et Costa Adeje.

Reste un détail qui change tout selon la formule choisie : voyager à pied ou avec un véhicule. Les passagers sans véhicule doivent enregistrer et être prêts à embarquer au moins 20 minutes avant le départ, contre 40 minutes pour ceux qui voyagent avec un véhicule. Pour une simple excursion d’une journée, mieux vaut donc voyager léger et laisser la voiture de location au parking de l’hôtel : cela évite la queue aux barrières et laisse plus de temps pour profiter, une fois débarqué, des sentiers de Garajonay ou des ruelles pavées de San Sebastián avant le dernier bateau du soir.