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Je voulais emmener mon drone dans ma valise au Maroc pour filmer mes vacances : à l’atterrissage, la douane l’a gardé et ne me l’a jamais rendu

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Le tapis roulant tourne à vide, la valise finit par arriver, mais un agent en uniforme fait signe de le suivre. Direction un petit bureau à l’écart du hall d’arrivée de Marrakech-Ménara. Motif : un drone soigneusement calé entre deux pulls dans la soute. L’appareil, acheté quelques mois plus tôt pour immortaliser les dunes de Merzouga et les ruelles ocres de la médina, ne quittera jamais ce bureau. Ni explications supplémentaires, ni recours immédiat. Juste un reçu, une signature, et l’impression tenace de s’être fait avoir alors que rien, sur le billet ni sur la carte d’embarquement, ne laissait présager ce scénario.

Cette mésaventure, de nombreux voyageurs français la vivent chaque année en posant le pied au Maroc. Le royaume chérifien applique une règle stricte, méconnue du grand public, qui transforme un simple accessoire de vacances en objet interdit. Et contrairement à ce que beaucoup imaginent, aucune tolérance n’est accordée, même pour un modèle de loisir acheté en grande surface.

À retenir

  • Le Maroc interdit l’importation et l’usage de drones sur tout son territoire, sans exception pour les touristes.
  • Les appareils sont repérés par les scanners à rayons X dès l’arrivée et confisqués sur-le-champ.
  • Récupérer son drone au départ reste incertain, et impossible si l’on repart d’un autre aéroport que celui d’arrivée.

Un rêve de vacances filmées qui s’écrase dès l’aéroport

Filmer les couchers de soleil sur l’Atlas, survoler les kasbahs, capter la lumière rasante du Sahara : l’idée séduit une génération entière de voyageurs équipés de DJI Mini ou d’appareils similaires, légers, discrets, taillés pour la valise cabine. Sauf que le scénario s’arrête presque toujours au même endroit, entre le tapis à bagages et la sortie du terminal. Les scanners à rayons X repèrent la forme caractéristique du châssis et des hélices en quelques secondes. Le douanier ouvre le bagage, sort l’appareil, et enclenche une procédure de saisie immédiate. Pas de négociation possible, pas de caution à laisser, pas d’engagement à ne pas s’en servir. Le drone part en consigne, et le voyageur repart les mains vides, avec au mieux un reçu qui l’oblige à revenir au même aéroport pour tenter, à ses frais, de récupérer son bien.

Pourquoi le Maroc traque les drones à ses frontières

La règle n’a rien d’un caprice de douanier zélé. Depuis un communiqué gouvernemental relayé par une circulaire à tous les bureaux de douane, le Maroc interdit purement et simplement l’importation, la détention et l’utilisation de drones civils sur l’ensemble du territoire. La mesure vise officiellement à parer aux risques sécuritaires et à protéger la vie privée des citoyens, dans un pays où les enjeux de surveillance aérienne sont pris très au sérieux. L’interdiction couvre tous les régimes douaniers, y compris l’admission temporaire et le simple transit. Les autorisations d’importation à titre touristique existent sur le papier, mais elles relèvent de l’exception extrêmement rare, l’usage récréatif étant jugé injustifiable au regard des impératifs sécuritaires. En cas de vol non autorisé au-dessus d’un espace public, l’amende peut grimper jusqu’à environ 10 000 dirhams, soit près de 1 000 euros.

Ce qu’il faut savoir avant de glisser un drone dans sa valise

Le conseil le plus honnête tient en une phrase : laisser l’appareil à la maison. Déclarer le drone à l’arrivée permet parfois d’obtenir un reçu de consigne, mais la récupération au départ n’est jamais garantie et suppose de repartir depuis le même aéroport. Un vol retour depuis Casablanca ou Agadir alors que l’appareil dort à Marrakech signifie, dans la quasi-totalité des cas, une perte définitive. À cela s’ajoutent d’éventuels frais de stockage et le risque d’une amende administrative. Pour capter des images aériennes du désert d’Erg Chebbi ou des cascades d’Ouzoud, la seule voie fiable reste de faire appel à un professionnel local agréé, seul habilité à obtenir les autorisations de vol au cas par cas. Une prestation qui a un coût, mais qui évite de voir son matériel disparaître dans un bureau vitré à peine sorti de l’avion.

Le Maroc reste une destination magnifique à filmer, mais depuis le sol, à hauteur d’homme, avec un simple appareil photo ou un téléphone. Renoncer au drone, c’est aussi accepter une autre manière de raconter le voyage, moins spectaculaire vue du ciel, mais peut-être plus juste. Reste une question ouverte pour les amateurs de prises de vue aériennes : combien d’autres destinations réservent la même surprise à ceux qui n’ont pas vérifié la réglementation avant de boucler leur valise ?