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J’ai découvert cette côte portugaise par hasard et je ne retournerai plus jamais en Algarve

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Un détour improvisé sur la route entre Lisbonne et l’Algarve, et voilà : mon plan de vacances est parti à la poubelle. Je cherchais un raccourci pour éviter les bouchons de l’A2, je suis tombé sur Porto Covo, puis sur Vila Nova de Milfontes, puis sur des dunes qui n’en finissaient pas. Résultat ? Je n’ai jamais atteint l’Algarve cette année-là. Et depuis, je n’y retourne plus.

Cette côte s’appelle Costa Alentejana, et elle prolonge vers le nord la Costa Vicentina, plus connue des surfeurs. Ensemble, elles forment un même territoire protégé : le Parque Natural do Sudoeste Alentejano e Costa Vicentina s’étend sur environ 110 kilomètres de plages et d’océan, de São Torpes en Alentejo jusqu’à la Praia do Burgau, déjà dans l’Algarve. ce n’est même pas une région à part entière, c’est un morceau de littoral que la plupart des touristes traversent en voiture sans s’arrêter, obsédés par les grottes turquoise de Lagos ou Albufeira.

À retenir

  • Une côte portugaise où les cigognes construisent leurs nids sur les falaises en bord de mer
  • Plus de 30 plages cachées et une seule route sinueuse pour les relier
  • Des villages authentiques ignorés par le tourisme de masse, à seulement quelques heures de Lisbonne

Pourquoi cette côte n’a rien à voir avec l’Algarve

La différence se sent dès les premiers kilomètres. Pas de complexe hôtelier géant, pas de golf collé à la plage, pas de rangée de bars à cocktails. Les plages de l’Alentejo comptent parmi les plus sauvages du Portugal, et l’ambiance y est totalement différente de celle de l’Algarve : pas d’importante station balnéaire, pas de village défiguré par le tourisme de masse, seulement de petits villages authentiques. J’ai marché une matinée entière sur la Praia do Malhão sans croiser plus de trois silhouettes à l’horizon, en plein mois d’août. Essayez ça à Praia da Rocha.

Le revers de la médaille, il faut le dire honnêtement : l’océan ici ne pardonne pas. Cette côte ouest du Portugal fait face à l’océan Atlantique, les courants peuvent être forts et la température de l’eau est plus faible qu’en Algarve. Ne vous attendez pas à un bain tranquille façon piscine méditerranéenne. On vient ici pour la beauté brute, pas pour la baignade en famille avec bouées.

Le paysage compense largement. C’est une zone protégée aux plages immaculées et réserves naturelles, avec un paysage saisissant de falaises escarpées, de promontoires accidentés, de récifs et de dunes balayées par le vent. Il n’y a pas de resorts en front de mer, seulement quelques petits villages, et la zone est surtout habitée par des aigles et des cigognes, fréquentée par des surfeurs, des hippies, des naturistes. Une phrase qui résume tout : la Costa Vicentina est la dernière côte sauvage d’Europe, et elle devient plus sauvage à mesure qu’on remonte vers le nord.

Des cigognes sur les rochers, des loutres dans la mer

Le détail qui m’a le plus marqué, ce n’est ni une plage ni un village, mais un nid de cigogne perché sur une falaise, à quelques mètres des vagues. Un guide local m’a confirmé que ce n’était pas un hasard : c’est le seul endroit au monde où les cigognes construisent leurs nids sur des rochers en bord de mer, et l’un des derniers endroits d’Europe où l’on peut observer des loutres dans un habitat marin. On oublie parfois qu’un littoral aussi photogénique reste avant tout un écosystème rare.

Côté chiffres, la zone est loin d’être un secret minuscule. On compte une dizaine de plages majeures, mais on en trouve plus de trente si l’on sort des sentiers battus, au-delà des falaises ou en suivant des chemins de terre. : même après plusieurs séjours, il reste toujours une crique que vous n’avez pas vue. J’y suis retourné trois fois et je découvre encore de nouveaux accès à chaque visite.

Les villages qui valent le détour : Porto Covo, Milfontes, Zambujeira

Porto Covo ouvre la route depuis le nord. Ancien village de pêcheurs, il a gardé ses ruelles blanches et ses petites criques adossées à la roche. C’est un ancien village de pêcheurs qui possède un littoral préservé avec des plages adossées à de petites falaises, une destination authentique avec beaucoup de charme. Plus au sud, Vila Nova de Milfontes s’impose comme le point de repère de la côte : posé entre un éperon rocheux et l’estuaire du fleuve Mira, le village offre à la fois la douceur d’une rivière et la force de l’océan à quelques pas l’un de l’autre.

Zambujeira do Mar et Arrifana, plus au sud, restent encore largement épargnées. Ces plages sont encore relativement inconnues du grand public, et on peut y passer des journées tranquilles, loin de la foule. Pour les marcheurs, il existe même un itinéraire dédié qui relie tout ce littoral : la Rota Vicentina forme un réseau de sentiers totalisant 400 kilomètres le long de la côte la mieux préservée du sud de l’Europe, mêlant une culture rurale authentique à un littoral d’une sauvagerie surprenante. Je n’ai parcouru qu’une fraction de ce tracé, entre Aljezur et Odeceixe, et c’était déjà suffisant pour comprendre que j’avais affaire à autre chose qu’un simple sentier de plage.

Quand y aller, et à quoi s’attendre

La saison change tout. Le meilleur moment pour visiter reste le printemps ou l’automne, notamment de mi-septembre à début novembre, quand les foules sont bien plus réduites. L’été reste praticable, mais mieux vaut viser les extrémités de la saison si l’on cherche vraiment la solitude promise par les guides. Côté logistique, pas d’illusion à avoir : ici, pas de bus toutes les dix minutes ni de piste cyclable balisée jusqu’à la plage. La voiture reste, pour l’instant, le seul moyen fiable de relier ces villages entre eux.

Un microclimat particulier joue aussi son rôle dans le choix des dates. Un microclimat maintient l’extrémité sud de la zone fraîche et souvent brumeuse, même en juillet et août, tandis que la partie nord, entre Arrifana et Odeceixe, se révèle plus chaude et moins venteuse. De quoi ajuster son itinéraire selon qu’on cherche du soleil franc ou de la fraîcheur atlantique. Ce n’est pas l’Algarve, et c’est justement pour ça que j’y retourne, pas l’inverse.