Paris étouffe chaque été sous des dômes de chaleur qui transforment le bitume en plaque chauffante. Pourtant, à deux pas de la Bibliothèque François Mitterrand, une piscine flotte littéralement sur la Seine et ouvre son toit dès les premiers beaux jours. Elle s’appelle Joséphine Baker, et la majorité des touristes passent devant sans même savoir qu’elle existe.
À retenir
- Une piscine flotte littéralement sur la Seine — mais où exactement ?
- Son toit se rétracte l’été : un détail qui change tout
- Elle porte le nom d’une femme oubliée de l’histoire parisienne
Sommaire
Une piscine qui flotte sur la Seine, unique en son genre
Le concept surprend au premier regard : la piscine Joséphine Baker est la seule piscine flottante de Paris, amarrée sur la Seine quai François Mauriac dans le 13e arrondissement. Installée sur une plateforme flottante sur la Seine, la piscine municipale a ouvert ses portes en 2006 dans le 13e arrondissement de la ville en face de l’hôtel Accor Arena et du Parc de Bercy. Un emplacement qui change tout : entre les allers-retours des Bateaux Mouches et les joggeurs des berges, on nage littéralement au-dessus du fleuve.
Le vrai atout arrive en été. Avec son toit rétractable qui s’ouvre en été, ses deux saunas, son hammam et son jacuzzi, c’est un équipement unique alliant sport et bien-être. Résultat ? Le bassin sportif se transforme en piscine à ciel ouvert dès que le mercure grimpe, sans perdre le confort d’un centre aquatique couvert le reste de l’année. Le bassin principal mesure 25 mètres x 10 mètres, complété par une pataugeoire et un solarium de 500 m² posé directement sur l’eau. Difficile de trouver un panorama comparable ailleurs dans la capitale, sauf peut-être depuis les toits des grands hôtels.
Le nom du lieu n’a rien d’anodin. C’est le maire de Paris Bertrand Delanoë qui, en juin 2006, décide de donner ce nom à la piscine publique flottante en hommage à cette femme qui naquit 100 ans plus tôt, cette artiste et résistante devenue française qui a marqué l’histoire du music-hall parisien. Un hommage discret, presque invisible pour qui ne cherche pas à savoir pourquoi cette piscine porte ce nom précis parmi la centaine d’établissements municipaux parisiens.
Tarifs et horaires pour l’été 2026
Contrairement aux piscines privées d’hôtels du Marais ou du 2e arrondissement, réservées aux clients fortunés, celle-ci reste accessible à tous les budgets. En période estivale, de mi-mai jusqu’à fin septembre le week-end, et tous les jours en juillet et en août, le tarif est de 6,50 €, avec une précision utile : le billet d’entrée est valable 2 heures. Au-delà, chaque heure supplémentaire est facturée et doit être payée en sortant. Hors saison estivale, le tarif standard s’applique : 4 € plein tarif, sans limite de temps.
Le complexe ne se limite pas à la baignade libre. On y trouve aussi des cours d’aquagym, palmes, fit palmes, séances d’aquabike, séances d’aquajogging, jardin aquatique, cours de natation pour enfants et pour adultes. De quoi transformer une simple envie de fraîcheur en véritable routine sportive estivale, sans quitter le 13e arrondissement.
Pour les horaires précis du mois de juillet, la période dite des grandes vacances s’étend cette année du 06/07/2026 au 30/08/2026, avec des créneaux élargis en semaine. Un détail à ne pas négliger avant de traverser Paris : les piscines parisiennes sont accessibles au public sur des horaires spécifiques, les autres créneaux étant réservés pour les publics scolaires ou associatifs. Mieux vaut vérifier le site avant de faire le déplacement, surtout un samedi après-midi caniculaire où la moitié du quartier a la même idée.
D’autres bassins parisiens qui méritent le détour
Joséphine Baker n’est pas la seule pépite aquatique de la capitale à rester dans l’ombre des grandes attractions touristiques. La piscine de la Butte-aux-Cailles, dans le même arrondissement, cultive un charme d’un autre siècle : inaugurée en 1924, elle se démarque par son caractère insolite et son architecture, avec ses 7 arches qui soutiennent la voûte en béton armé, donnant l’impression d’être dans une cathédrale. Un décor qui n’a rien à envier aux thermes romains reconstitués dans certains spas de luxe.
Dans le 19e, la piscine Pailleron joue elle aussi la carte de la nostalgie architecturale. Dotée d’un charme fou, elle fait partie des plus belles piscines des années 30 de Paris, avec ses grandes baies vitrées et sa verrière qui donnent l’impression d’être en pleine nature. Elle partage avec Joséphine Baker une particularité technique peu connue du grand public : cette piscine insolite a la particularité de flotter sur l’eau et est traitée à l’ozone, une autre piscine traitée à l’ozone étant la piscine Edouard Pailleron de Paris. Un traitement plus doux pour la peau et les yeux que le chlore classique, ce qui explique en partie pourquoi certains nageurs jurent uniquement par ces deux bassins.
Reste un dernier détail que peu de guides mentionnent : la piscine Joséphine Baker applique une tarification à part dans le système parisien. Cinq piscines ont une tarification spécifique (toute l’année, en nocturne ou en été) : Suzanne Berlioux, Pontoise, Roger le Gall, Joséphine Baker et Pailleron, ce qui signifie que les abonnements classiques de la ville n’y sont pas toujours valables aux mêmes conditions. Un piège à éviter pour qui débarque avec sa carte annuelle sous le bras, pensant nager gratuitement sur la Seine un dimanche de canicule.
Source : piscines.org
