Un riad d’entrée de gamme à Fès se négocie autour de 390 dirhams la nuit, soit environ 36 euros, quand un établissement comparable à Marrakech grimpe régulièrement au-dessus de 700 dirhams. À standing équivalent, l’écart peut donc atteindre le simple au double, et c’est précisément ce qui a fait basculer mes réservations vers l’ancienne capitale mérinide plutôt que vers la ville ocre.
Marrakech reste la destination la plus demandée du royaume, avec plus de 1 500 riads transformés en maisons d’hôtes, une concentration exceptionnelle qui s’explique par l’attractivité touristique et l’architecture préservée de la médina historique. Cette popularité a un prix : les tarifs y grimpent mécaniquement, portés par une demande internationale constante et des vols low-cost qui déversent chaque semaine des milliers de visiteurs européens.
À retenir
- Les riads de Fès coûtent moitié moins cher qu’à Marrakech pour un standing équivalent
- La médina de Fès conserve une authenticité brute que Marrakech a perdue au profit du marketing
- Sur une semaine complète, Fès permet d’économiser un tiers du budget par rapport à Marrakech
Sommaire
Fès, la même authenticité pour un budget divisé
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À Marrakech, les riads en médina affichent des tarifs allant de 400 DH (40 €) la nuit pour un riad simple à plus de 3 000 DH (300 €) pour un riad de luxe, avec quelques options plus abordables du côté de Guéliz. Côté fassi, l’écart se creuse nettement : les hébergements sont généralement 20 à 30 % moins chers qu’à Marrakech, un riad confortable se louant entre 300 et 800 DH (30-80 €) la nuit. Sur le segment luxe, le grand écart devient carrément vertigineux. À Marrakech, les riads de standing montent à 4000-12000 MAD/nuit, sans les services 24h/24 ni les piscines olympiques des palaces hôteliers. À Fès, une adresse prestigieuse membre d’un réseau international haut de gamme se réserve à partir d’environ 1 270 MAD la nuit, un excellent rapport qualité-prix dans le haut de gamme. Trois à quatre fois moins cher pour une expérience tout aussi raffinée. Voilà pourquoi je ne fais plus le calcul : Fès gagne systématiquement.
Ce qui frappe, une fois sur place, c’est que la différence de prix ne se traduit pas par une différence de charme. La médina de Fès el-Bali, classée à l’UNESCO, conserve un tissu urbain quasiment intact depuis le Moyen Âge, avec ses ruelles trop étroites pour les voitures et ses ateliers d’artisans qui travaillent le cuir ou le zellige à quelques mètres des patios où l’on dort. Les riads y ont conservé un caractère brut, moins lissé pour Instagram que certaines adresses marrakchies, mais tout aussi authentique. On y paie la pierre et l’histoire, pas le marketing.
Où dormir pour vraiment économiser
Dans le détail, plusieurs quartiers de la médina fassie permettent de dormir sans se ruiner. Près de Bab Jdid, un établissement type prouve qu’on peut dormir dans la médina de Fès sans se ruiner, à partir d’environ 390 MAD la nuit, avec navette aéroport, Wi-Fi gratuit, chambres familiales, réception 24h/24 et petit-déjeuner inclus. Pour les budgets encore plus serrés, d’autres adresses proposent des chambres à moins de 400 MAD la nuit jusqu’au palais de luxe, ce qui laisse un choix étendu selon les envies. Un conseil glané au fil de mes séjours : réserver légèrement en dehors des ruelles commerçantes les plus fréquentées permet souvent de gagner encore 10 à 15 % sur la nuitée, sans perdre en accessibilité aux monuments.
Le reste du budget suit la même logique. Manger dans un restaurant local revient à 30-80 DH (3-8 €) par repas dans les deux villes, les établissements touristiques pratiquant des tarifs similaires, entre 150 et 350 DH. En revanche, les visites coûtent nettement moins cher côté fassi : les entrées des monuments sont légèrement plus élevées à Marrakech, le Jardin Majorelle coûtant 150 DH, tandis que les principales médersas de Fès s’admirent entre 20 et 70 DH. Sur une semaine, l’addition finale peut facilement afficher un tiers d’économie par rapport à un séjour équivalent à Marrakech, hébergement, repas et visites confondus.
Meknès, l’option encore plus discrète
Si Fès reste malgré tout la ville impériale la plus fréquentée après Marrakech, une autre option existe pour qui cherche encore plus de tranquillité et des prix plancher. Meknès, à une soixantaine de kilomètres de Fès, est longtemps restée dans l’ombre de sa voisine, mais attire désormais de nombreux visiteurs grâce à son riche patrimoine historique, à sa tranquillité et à la grande gentillesse de ses habitants. Moins touristique, elle affiche logiquement des tarifs d’hébergement encore inférieurs, et l’artisanat local s’y négocie à des prix bien plus raisonnables qu’à Fès. Beaucoup de voyageurs choisissent d’ailleurs de dormir à Fès et de faire un aller-retour d’une journée vers Meknès, notamment pour combiner la visite avec le site antique de Volubilis, tout proche.
Reste une nuance à garder en tête avant de tout miser sur Fès : l’offre hôtelière y est moins pléthorique qu’à Marrakech, et les adresses les mieux notées se réservent parfois plusieurs semaines à l’avance en haute saison, notamment autour du printemps. Un riad à 390 dirhams affiché complet un vendredi soir n’a rien d’exceptionnel dès que le festival des musiques sacrées bat son plein en ville. Le bon plan existe, mais il se mérite un minimum d’anticipation.
Sources : riad-in-morocco.com | les-tresors-du-maroc.fr | majorelexplorer.com
