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J’ai découvert cette région italienne à 2 h de route de Rome : je ne retournerai plus jamais en Toscane l’été


Source: DR
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Deux heures de route depuis Rome, et le paysage change du tout au tout : des sommets encore enneigés au printemps, des plages désertes en plein mois d’août, des villages où l’on entend plus souvent l’italien que le français ou l’allemand. Cette région, ce sont les Abruzzes, coincées entre les Apennins et l’Adriatique. Après un été passé sur ces routes de montagne et ces criques de sable fin, la Toscane estivale, avec ses cars de touristes à Sienne ou San Gimignano, semble appartenir à un autre monde.

À retenir

  • La Toscane en été : cauchemar logistique et files d’attente géantes — mais une alternative existe à seulement 2h de route
  • Plages vierges de l’Adriatique le matin, randonnée alpine l’après-midi : un contraste que nulle autre région italienne ne propose
  • Villages-forteresses perdus dans les Apennins et Montepulciano d’Abruzzo à moins de 10€ : l’Italie authentique avant qu’elle ne devienne tendance

La Toscane l’été, ce n’est plus vraiment des vacances

Soyons honnêtes : la Toscane reste magnifique. Mais en juillet et en août, le rêve toscan tourne souvent au cauchemar logistique. Les townships médiévaux se transforment en files d’attente géantes. Un blog de voyage le résume sans détour à propos d’un village emblématique de la région : « la ravissante San Giminiano et ses incroyables tours se transforme en gigantesque centre commercial à ciel ouvert (queue aux boutiques, queue aux musées, queue aux stands de glace) ». Et surtout, la Toscane a un problème géographique que peu de guides mentionnent franchement : impossible d’y piquer une tête dans la mer sans faire des kilomètres, la région n’ayant quasiment pas de littoral exploitable pour un séjour balnéaire.

Les Abruzzes, elles, cochent une case que ni la Toscane ni sa voisine l’Ombrie ne peuvent revendiquer. Les Abruzzes se trouvent en Italie centrale, à l’est de Rome, entre les Apennins et la mer Adriatique. Le matin en randonnée à 1 500 mètres d’altitude, l’après-midi les pieds dans l’eau. Une région où le visiteur peut s’adonner à la randonnée, au ski et à l’escalade en altitude ou à la baignade et à la plongée sur le littoral marin. Aucune autre région du centre de l’Italie n’offre ce grand écart aussi facilement accessible depuis Rome.

Des plages qui ressemblent encore à des plages

Le vrai choc, il est là. Au-delà de la montagne, les Abruzzes offrent 130 km de belles plages sur la côte, qui ne sont pas bondées l’été, des plages de sable doré aux eaux peu profondes où les touristes peuvent profiter des infrastructures d’accueil parfaitement développées. Pas de parasols collés les uns aux autres, pas de musique à plein volume depuis un club de plage voisin. Un guide spécialisé recommande plusieurs spots précis pour se baigner loin des foules : la région offre de belles plages encore peu connues, Ortona, Silvi Marina, Pineto ou encore Fossacesia sont parfaites pour une baignade dans l’Adriatique, avec des eaux propres et peu de monde, même en été.

Il existe même une réserve naturelle qui vaut à elle seule le détour. La Riserva di Punta Aderci, s’étalant sur 5 km, regroupe l’une des plus belles plages d’Italie, alliant préservation de l’écologie et développement du tourisme sur une surface de 285 hectares. Un endroit où l’on observe encore une faune de dunes intacte, à des années-lumière des plages surchargées de la côte tyrrhénienne en août.

Et pour ceux qui préfèrent l’altitude à la chaleur écrasante, direction le parc national. À deux heures à peine de Rome et s’étendant sur trois régions, le parc national des Abruzzes est un bel exemple des efforts de préservation des sites naturels qui font la fierté de la région. Un site suffisamment sauvage pour qu’on s’y sente réellement dépaysé, à quelques heures seulement de la capitale italienne.

Des villages-forteresses et un vin à moins de 10 euros

Ce qui frappe en arrivant dans les Abruzzes, c’est ce contraste permanent entre âpreté et douceur de vivre. Un article de Tourmag décrit la région comme « une province âpre et désolée, émaillée de villages-citadelles perdus dans l’immensité montagneuse », un décor presque brut comparé aux collines léchées de la Toscane. Le village de Scanno, perché dans les Apennins, ou celui de Pescocostanzo, figurent parmi les étapes incontournables d’un road trip dans la région, aux côtés du massif du Gran Sasso.

Côté verre, la région produit l’un des vins les plus honnêtes d’Italie côté rapport qualité-prix. Le fameux Montepulciano d’Abruzzo, un vin rouge souple et fruité, souvent très abordable (entre 6 et 15€ la bouteille selon la qualité), se déguste directement dans les caves familiales disséminées entre montagne et vignoble. On est loin des tarifs pratiqués dans le Chianti, où une bouteille de qualité comparable coûte souvent deux à trois fois plus cher.

Une région qui grimpe, mais qui reste encore confidentielle

Attention toutefois à ne pas se tromper de saison pour tout faire. Si les plages abruzzaises restent tranquilles même en plein été, ce n’est pas un hasard climatique : le printemps, en mai-juin, reste la meilleure période pour la randonnée et les fleurs de montagne, tandis que l’été permet de combiner plage et montagne sans chaleur excessive, les altitudes élevées restant fraîches. Pour s’y rendre, mieux vaut prévoir un véhicule : une voiture est indispensable pour bien profiter des Abruzzes, les transports en commun existant mais étant limités dans les zones rurales ou montagnardes.

La région n’est plus totalement anonyme pour autant. En 2023, elle a enregistré 1.745.373 arrivées touristiques, un chiffre en hausse continue depuis plusieurs années. De grands médias internationaux ont commencé à s’y intéresser sérieusement, le magazine Travel + Leisure ayant même inclus l’Abruzzo dans son classement des 50 meilleures destinations à visiter en 2022. Un détail mérite d’être rappelé avant de partir : la ville de L’Aquila, capitale régionale nichée au pied du Gran Sasso, porte encore les stigmates du séisme de 2009, même si elle s’est reconstruite et se visite aujourd’hui normalement. De quoi remettre en perspective ce que signifie vraiment « voyager hors des sentiers battus » : ici, ce n’est pas une posture marketing, mais une région qui a dû se relever avant de rouvrir ses portes aux visiteurs.