Une ville toscane où l’on prévoit de passer la journée et où l’on finit par annuler ses réservations pour rester trois jours de plus : c’est l’histoire que racontent de plus en plus de voyageurs à propos de Lucca (Lucques en français). Coincée entre Pise et Florence sur les cartes touristiques, cette cité fortifiée a longtemps joué les seconds rôles. Elle est aujourd’hui en train de changer de statut, et les chiffres de fréquentation commencent à le montrer.
À retenir
- Pourquoi les remparts de Lucques offrent une expérience unique qu’on ne trouve nulle part ailleurs en Italie
- Comment cette ville toscane moins connue parvient à captiver les visiteurs bien au-delà de leurs prévisions
- Quelles alternatives authentiques à Florence gagnent du terrain et changent le tourisme régional
Sommaire
Une ville qui ne ressemble à aucune autre en Toscane
Ce qui frappe d’abord, ce sont les remparts. Lucca est une ville discrète mais fascinante, entourée de remparts parfaitement conservés qui se découvrent idéalement à vélo, en faisant le tour des murailles pour admirer les toits rouges et les clochers de la vieille ville. Ces fortifications, datant du XVIe siècle, forment une promenade circulaire unique en Italie : on pédale littéralement au-dessus de la ville, sans jamais croiser une voiture. Peu de cités italiennes offrent ce genre de balade suspendue, à mi-chemin entre le jardin public et le belvédère.
À l’intérieur des murs, l’ambiance change de registre. Lucca charme par son ambiance paisible, ses ruelles pavées et ses places vivantes comme la Piazza dell’Anfiteatro, construite sur les vestiges d’un ancien amphithéâtre romain. La forme ovale de la place, héritée des gradins antiques, donne l’impression de marcher dans un décor de théâtre à ciel ouvert. Pas de foule compacte comme sur la Piazza del Duomo florentine, juste des terrasses de café et des enfants qui jouent au ballon le soir venu. Les amateurs d’art religieux apprécieront la cathédrale San Martino et ses façades sculptées, un édifice qui n’a rien à envier aux grands sanctuaires toscans mais qui se visite sans jamais attendre la queue.
Pourquoi on y reste plus longtemps que prévu
Le premier jour, on coche les monuments. Le deuxième, on commence à ralentir. Le troisième, on ne sait plus pourquoi on voulait repartir. Lucca est une ville où il fait bon prendre son temps : s’arrêter en terrasse pour déguster une glace artisanale, écouter un concert improvisé ou se perdre dans ses ruelles médiévales. Ce rythme lent, presque paresseux, tranche avec l’agenda serré qu’impose souvent une visite à Florence, où chaque heure compte pour espérer voir les Offices, le Duomo et le Ponte Vecchio dans la même journée.
La gastronomie locale joue aussi un rôle dans cette envie de prolonger le séjour. La cuisine du terroir y est généreuse, avec les tortelli lucchese, le buccellato et les vins des Colline Lucchesi DOC, des appellations que l’on ne trouve pas forcément sur les cartes des restaurants florentins plus formatés pour les touristes internationaux. Chaque été, la ville se transforme aussi en scène musicale à part entière. La Piazza Napoleone accueille le Lucca Summer Festival, un événement qui attire des artistes internationaux de premier plan et des milliers de visiteurs, prouvant que Lucca est une destination résolument tournée vers l’avenir tout en honorant son héritage. Ajoutez à cela des hébergements qui n’ont plus rien à envier aux adresses florentines : certains hôtels disposent de spas exclusifs et de piscines panoramiques, des atouts qui contribuent à l’émergence de Lucca comme destination premium en Toscane.
Ce qui rend l’expérience particulièrement convaincante, c’est le contraste avec les grandes vedettes régionales. Bien moins touristique que Florence ou Pise, Lucca offre une Toscane plus intime, où l’on se sent vite comme chez soi. Et cette intimité n’est pas réservée aux visiteurs de passage : la vie locale continue de battre son plein derrière les remparts. Un grand nombre d’habitants font tous les jours la navette pour aller travailler à Lucca, Pise ou Florence, mais de plus en plus de gens parviennent à vivre confortablement du tourisme ou de la vente d’objets d’artisanat et de peinture. La ville n’est donc pas devenue un décor figé pour selfies, elle reste habitée, avec ses marchés, ses écoles et ses commerces de quartier.
D’autres alternatives à Florence gagnent aussi du terrain
Lucca n’est pas la seule cité toscane à sortir de l’ombre. Arezzo, à l’est de la région, coche les mêmes cases : ville moins touristique que Florence ou Sienne, elle mérite pourtant une grande attention, avec un centre historique qui abrite de belles églises, des fresques remarquables de Piero della Francesca et une place célèbre, la Piazza Grande. Elle a aussi son quart d’heure de gloire cinématographique, puisque c’est ici qu’a été tournée une scène du film « La Vie est belle » de Roberto Benigni. Pistoia, autre cité longtemps restée dans l’ombre de sa grande voisine, suit le même chemin : souvent éclipsée par Florence, elle mérite pourtant une halte et conserve un centre historique d’une grande richesse, centré autour de la Piazza del Duomo.
Le point commun entre ces villes ? Elles offrent l’essentiel de ce qu’on vient chercher en Toscane, l’architecture Renaissance, la gastronomie, les places animées, sans la densité de touristes qui transforme parfois la visite de Florence en course d’obstacles. Un choix qui devient d’autant plus pertinent que les grands centres historiques toscans, Florence en tête, affichent une fréquentation en hausse constante depuis plusieurs saisons.
Comment organiser son escapade sans se tromper
La logistique reste un atout majeur pour ce type de destination. Lucca se trouve à quelques dizaines de kilomètres de Pise et à un peu plus d’une heure de Florence, ce qui permet de l’intégrer facilement dans un road trip toscan classique sans complexifier l’itinéraire. Mieux vaut prévoir au minimum deux nuits sur place plutôt qu’une simple excursion à la journée : c’est justement en dormant sur place, une fois les cars de touristes repartis vers Florence en fin d’après-midi, que la ville révèle son vrai visage, plus calme et plus authentique.
Pour le reste, pas besoin de réserver des mois à l’avance comme pour certains musées florentins saturés. La cathédrale San Martino, la Piazza dell’Anfiteatro et le tour des remparts à vélo se visitent librement, à toute heure. C’est peut-être là, finalement, le vrai luxe de Lucca : ne pas avoir à anticiper sa curiosité des semaines en avance, et pouvoir encore, en 2026, se perdre dans une ville toscane sans croiser un groupe muni d’un talkie-walkie tous les cinquante mètres.
Source : ladromemontagne.fr
