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« On y est allé pour une journée, on a prolongé de trois jours » : cette ville du Luberon qui rend accro

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Lourmarin. Un nom qui ne dit rien à beaucoup, jusqu’au moment où l’on y pose les pieds. Niché au cœur du Luberon, ce village incarne parfaitement l’art de vivre provençal, avec ses places ombragées et ses fontaines pittoresques qui invitent à ralentir. Le genre d’endroit que l’on prévoit de visiter une matinée, et où l’on finit par rester plusieurs jours, à repousser systématiquement l’heure du départ.

À retenir

  • Pourquoi les visiteurs qui planifient une journée finissent-ils systématiquement par rester trois jours ?
  • Quel secret du Luberon a poussé Albert Camus à y chercher refuge et à y reposer définitivement ?
  • Existe-t-il une saison idéale où Lourmarin révèle son vrai visage loin des foules estivales ?

Un village perché entre deux Luberon

Au cœur de la Provence, à 35 km d’Aix-en-Provence, 58 km d’Avignon et 70 km de Marseille, Lourmarin mérite une halte prolongée. Le village se situe à l’entrée de la combe de Lourmarin, au pied du Luberon, montagne faite de contrastes et de lumière. Sa position, précisément coincée entre le Petit et le Grand Luberon, lui offre une double exposition : protégé des vents violents, ouvert sur une vallée qui vire du vert au doré selon les saisons.

Situé dans le sud du Luberon, Lourmarin bénéficie du label « Plus Beaux Villages de France », décerné aux communes offrant un cadre authentique, préservé et un patrimoine exceptionnel. Avec son château, ses ruelles tortueuses, ses vieilles maisons, ses portes anciennes et ses marchés, il mérite amplement cette distinction. Mais une étiquette officielle ne suffit pas à expliquer l’attraction magnétique du lieu. Ce qui retient vraiment, c’est autre chose.

Que ce soit depuis la combe venant d’Apt ou de Bonnieux, ou par la route venant de Lauris, au détour d’un dernier virage, on débouche sur une avenue bordée de platanes. Le village apparaît, calme et lumineux, posé sur de douces rondeurs. Son profil est rythmé par trois clochers (le Beffroi, l’Église et le Temple) et par une multitude de ruelles qui tournent autour du cœur du village. Première impression : il ressemble à l’idée qu’on se fait de la Provence avant d’y être allé. Deuxième impression : c’est encore mieux.

Albert Camus, les vignes et un marché qui sent bon le vendredi matin

Lourmarin s’est développé autour de son château, l’un des premiers édifices Renaissance de Provence. Au Moyen Âge, le village était un important centre agricole et commercial. Il a connu un renouveau culturel grâce à des figures illustres comme Albert Camus, qui a choisi Lourmarin comme refuge et y repose désormais. Ce détail n’est pas anecdotique : Prix Nobel de littérature en 1957, Camus a trouvé ici un refuge rappelant son Algérie natale. Après sa disparition tragique en 1960, il repose dans ce village qu’il chérissait.

Une visite de Lourmarin n’est pas complète sans un détour par ce cimetière ombragé de cyprès. La tradition veut que l’on dépose un petit stylo sur la tombe de Camus, hommage touchant à l’écrivain qui a su capturer l’âme de ce coin de Provence. Résultat : des pèlerins littéraires du monde entier finissent eux aussi par allonger leur séjour. Le Britannique Peter Mayle, auteur du célèbre « Une année en Provence », vivait à proximité et a contribué à faire connaître le Luberon dans le monde anglo-saxon.

La culture, ici, ne se visite pas derrière des grilles. Elle se respire. Chaque vendredi matin, jusqu’à environ 150 commerçants et artisans de la région présentent leurs produits sur la place Henri Barthélémy, avec en toile de fond la vue sur le château. Viennent s’y vendre les spécialités du village, comme le gibassié, cette célèbre spécialité boulangère à l’huile d’olive. Ce marché est l’un des plus grands du Vaucluse à la belle saison, proposant produits alimentaires, vêtements, tissus et objets artisanaux très variés. Et si le vendredi ne convient pas, le marché des producteurs du mardi soir, de mai à octobre, vaut lui aussi le déplacement : un chef y prépare des plats avec les produits frais sur l’esplanade de la Fruitière Numérique.

Le village est entouré de vignobles qui produisent les vins AOC Côtes du Luberon, des nectars qui capturent toute la chaleur et les parfums de la garrigue provençale. Avec ses 11 restaurants dont 2 étoilés au Guide Michelin, on peut savourer la cuisine provençale dans toute sa qualité. Entre le château Renaissance, les marchés, les galeries et les tables gastronomiques, trois jours passent vite.

Le Luberon en toile de fond : un parc qui donne de l’espace

Ce qui pousse à prolonger, ce n’est pas uniquement Lourmarin. C’est aussi tout ce qui l’entoure. Le Parc naturel régional du Luberon regroupe 78 communes, couvre un territoire de 75 km de long sur 43 km de large, et est désigné réserve de biosphère et géoparc mondial par l’UNESCO. Créé en 1977, il s’étend sur 185 000 hectares, soit à peu près la superficie de la Martinique. On ne le traverse pas en une demi-journée.

Le village constitue une base idéale pour explorer les trésors environnants : la Forêt des cèdres de Bonnieux à 8 km, le Fort de Buoux à 12 km, ou l’étang de la Bonde à 18 minutes en voiture. Les amateurs de nature apprécieront les randonnées dans le massif du Luberon, tandis que les plus curieux pourront s’initier à la chasse à la truffe guidée par des experts locaux et leurs chiens spécialement dressés. La truffe noire, justement, n’est pas un gadget touristique : c’est dans le Vaucluse que la culture de la truffe a vu le jour, et c’est aujourd’hui le premier département producteur de France, grâce à son climat méditerranéen.

Pour qui veut aller plus loin encore, Gordes, à moins d’une heure vers le nord, concentre sur un périmètre restreint un patrimoine bâti dense, une abbaye cistercienne et des ruelles classées. Classé parmi les plus beaux villages de France et élu plus beau village du monde par le magazine américain « Travel+Leisure », Gordes a conservé un centre historique authentique. Mais depuis 2025, le succès a ses contraintes : les véhicules motorisés y sont interdits dans le cœur historique les week-ends d’été, obligeant les visiteurs à stationner en périphérie et à emprunter des navettes électriques. Raison de plus pour garder Lourmarin comme camp de base.

La meilleure saison, et ce que personne ne dit

La meilleure période pour visiter le Luberon se situe d’avril à juin, et à partir de la mi-septembre. Les mois de juillet et août sont à éviter pour fuir la canicule et l’affluence. Ce conseil, pourtant simple, est suivi par une minorité. L’été reste la saison la plus chargée, quitte à se battre pour une place de parking sur la place du village.

En hiver, Lourmarin change de visage. Le marché du vendredi tourne au ralenti, quelques galeries ferment, mais les lumières rasantes de décembre sur les pierres ocre du château valent celles de n’importe quelle destination soleil. Assister à un concert classique dans l’enceinte majestueuse du château pendant le Festival des musiques d’été garantit un souvenir impérissable, mais les mélomanes qui découvrent le village hors saison repartent souvent avec la conviction d’avoir vu le vrai Lourmarin. Celui que les habitants vivent toute l’année, sans les terrasses débordantes et les files d’attente à l’entrée du château Renaissance. Ce joyau de la Renaissance offre des visites de ses salles meublées, dont les terrasses dévoilent une vue époustouflante sur le Luberon, que la lumière soit celle de juillet ou de novembre. Certains paysages n’ont pas besoin du soleil de plein été pour être inoubliables.