Ksamil, tout au sud de la Riviera albanaise, se trouve à quelques encablures de Corfou. Cette station balnéaire située face aux îles grecques de Corfou offre de véritables lagons aux eaux cristallines, avec du sable fin rare sur cette côte majoritairement constituée de galets. Et la comparaison ne s’arrête pas au paysage : sur cette portion de mer Ionienne, la note d’hôtel, le repas au restaurant et même le café coûtent grosso modo deux fois moins cher que sur le rivage grec d’en face. De quoi comprendre pourquoi certains voyageurs partis pour dix jours racontent avoir eu le plus grand mal à faire leurs valises pour le retour.
À retenir
- Pourquoi certains voyageurs partent dix jours et reviennent à contrecœur
- Quel est le secret des eaux turquoise visibles depuis la Grèce
- Combien de temps avant que les prix s’alignent sur ceux de la côte grecque
Sommaire
Ksamil, la « Bora Bora des Balkans » à portée de vue de Corfou
Le nom circule de plus en plus dans les récits de voyage : Ksamil, surnommée « les petites Maldives albanaises », fascine avec ses quatre îlots accessibles à pied et ses eaux d’un turquoise irréel. La plage principale coche toutes les cases du carnet de vacances méditerranéen : une facilité d’accès avec parking payant entre 2 et 3 euros, des eaux peu profondes idéales pour les familles, et trois îlots accessibles à la nage entre 150 et 300 mètres du rivage. Un peu plus au nord, Dhërmi et Himarë proposent une autre ambiance. Dhërmi séduit les voyageurs en quête d’authenticité avec ses galets blancs et son eau cristalline, tandis qu’Himarë attire ceux qui fuient les foules.
Pour les amateurs de sensations plus brutes, il existe une pépite moins fréquentée. La crique de Gjipe, à environ 5 km de Dhërmi, est accessible en bateau ou après une marche de 25 à 30 minutes depuis le parking, encadrée par de hautes falaises, avec une eau cristalline et une atmosphère presque sauvage : une des plus belles de la Riviera. La route qui relie tous ces sites mérite elle-même le détour. La route SH8, surnommée la « route bleue », longe la côte du nord au sud, offrant des panoramas constants sur la mer Ionienne, les criques en contrebas et, par temps clair, l’île grecque de Corfou à l’horizon.
La note qui change tout : deux fois moins cher qu’en face
Le calcul intéresse forcément quiconque a déjà réservé un séjour dans les Cyclades en plein mois d’août. Sur la Riviera albanaise, les repas au restaurant se situent entre 5 et 15 euros contre 20 à 40 euros ailleurs, les bons hôtels entre 40 et 80 euros contre 100 à 200, et le café entre 0,50 et 1 euro contre 3 à 5. Un village comme Qeparo illustre bien cet écart de budget : dans un contexte où les prix augmentent fortement sur les côtes grecques, italiennes ou espagnoles, cette partie de l’Albanie représente une alternative crédible pour ceux qui cherchent encore du soleil, des criques sauvages et une mer chaude sans budget excessif.
Côté transport, la note reste elle aussi raisonnable. Les vols Paris-Tirana, en 2h30, sont disponibles à partir de 80 euros aller-retour. Pour un séjour de dix jours à deux, comptez plutôt 1 200 à 1 800 euros pour un voyage milieu de gamme avec hôtels 3 étoiles et mix de restaurants, hors vols, ou seulement 500 à 900 euros pour un budget serré en auberges et street food. Le petit plaisir de la région ionienne, c’est aussi de pouvoir combiner les deux rives dans un même voyage. Le ferry depuis Corfou vers Sarandë est la solution idéale pour rejoindre la Riviera depuis la Grèce, avec plus de dix rotations par jour en haute saison.
Une fenêtre qui se referme doucement
Cette accessibilité tarifaire n’a rien d’éternel, et les chiffres du tourisme le confirment. L’Albanie a été désignée meilleure destination 2025 par un classement international, surpassant des géants comme la Grèce et la Croatie, tandis que les recherches de vols pour Tirana ont bondi de 144% chez les Français. Sur le terrain, la transformation se voit déjà. Les petits villages côtiers construisent des hôtels à vitesse grand V, les prix grimpent de 20% par an sur la Riviera, et les plages secrètes ne le restent plus longtemps.
Malgré cette accélération, l’écart avec la Grèce reste net pour l’instant. L’Albanie demeure encore 60% moins chère que la Grèce voisine, même si la riviera sud, entre Vlora, Ksamil et Saranda, coûte déjà 50 à 100% plus cher que Tirana ou le nord du pays, surtout pour le poisson au restaurant. Un témoignage recueilli sur place résume bien cette impression de dernière fenêtre avant la ruée : « On a roulé la riviera albanaise sans trop savoir à quoi s’attendre, et je suis repartie avec l’impression d’avoir trouvé la dernière partie de la méditerranéenne encore abordable. »
Ce qu’il faut savoir avant de partir
Quelques détails pratiques ont changé récemment et méritent d’être connus avant de prendre la route. Le col de Llogara, passage obligé entre Vlora et le sud de la Riviera, a vu sa physionomie évoluer : le nouveau tunnel ouvert en 2025 raccourcit le trajet, mais un péage est en vigueur depuis avril 2026, environ 2,50 euros à l’aller et 5 euros pour l’aller-retour. Sur la sécurité, les inquiétudes d’un autre temps ne sont plus vraiment justifiées : la diplomatie française classe l’Albanie en vigilance normale, la criminalité y étant jugée plus faible que dans la plupart des grandes villes d’Europe de l’Ouest. Le vrai point de vigilance concerne plutôt la route elle-même, avec une conduite locale parfois rapide sur les virages en lacet du littoral. Pour ceux qui hésitent encore entre les deux rives de l’Ionienne, sachant que le tarif du billet grimpe chaque année un peu plus côté grec, la question n’est peut-être plus de savoir où aller, mais quand s’y rendre avant que la Riviera albanaise ne ressemble, elle aussi, à sa voisine surchargée.
Sources : masculin.com | masculin.com
