Casque sur la tête, passeport en poche, direction Canggu depuis Ubud à bord d’un scooter de location tout frais. Le trajet est agréable jusqu’au moment où un agent en uniforme fait signe de se ranger sur le bas-côté. La question tombe immédiatement : « International driving permit ? » Silence gêné. Ce papier, personne ne l’avait mentionné au moment de la location, et pourtant c’est bien lui qui manque dans la sacoche.
À retenir
- La police balinaise intensifie les contrôles en 2026 sur les axes touristiques, avec des amendes immédiates pour documents manquants
- Le permis international (IDP) ne peut s’obtenir qu’avant le départ dans son pays — impossible de le demander une fois à Bali
- Sans les bons papiers et en cas d’accident, l’assurance refuse de couvrir les frais, exposant le conducteur à des dizaines de milliers d’euros de frais hospitaliers
Sommaire
Le document oublié : ce qu’exige vraiment la loi indonésienne
Le malentendu commence souvent chez le loueur lui-même. Si les loueurs remettent encore les clés sans réclamer de papiers, la police effectue des contrôles réguliers dans les zones touristiques comme Canggu, Seminyak ou Uluwatu, où les conducteurs sans permis moto en règle, sans casque ou sans carte grise s’exposent à des amendes immédiates, voire à la mise en fourrière du véhicule. ce n’est pas parce qu’on vous a confié un deux-roues sans vérification que vous roulez en toute légalité.
Le texte de loi indonésien est pourtant clair sur le papier. Pour conduire légalement un scooter en Indonésie, il faut posséder un permis international (IDP) avec une mention spécifique deux-roues, en plus d’un permis national valide dans son pays d’origine ; un simple permis voiture ne suffit absolument pas pour piloter un 125 cm3 à Bali. Ce détail surprend beaucoup de voyageurs qui pensaient leur permis B suffisant parce qu’il l’est… pour une voiture, pas pour un scooter.
L’IDP lui-même a des règles précises de délivrance. Il doit être obtenu dans son pays d’origine avant le départ ; impossible de s’en procurer un une fois arrivé en Indonésie. Autre piège fréquent : il était autrefois possible d’obtenir un permis temporaire de 30 jours au poste de police de Denpasar, mais ce n’est plus le cas, la police ne délivre désormais des permis d’un an qu’aux étrangers disposant d’un titre de séjour type KITAS ou KITAP. Ceux qui comptaient régulariser leur situation sur place, une fois à Bali, repartent donc bredouilles.
Sur la route de Canggu : comment se déroule un contrôle
Concrètement, ces barrages ne relèvent pas de la légende urbaine. La police effectue régulièrement des contrôles sur les axes fréquentés par les touristes, en arrêtant préférentiellement les étrangers, pour deux infractions récurrentes : l’absence de casque et l’absence de permis international. Si les documents sont en règle, l’échange dure à peine deux minutes. Dans le cas contraire, le scénario devient nettement plus animé.
Le mécanisme de la négociation revient dans presque tous les récits de voyageurs. L’agent annonce d’abord une amende élevée, parfois autour d’un million de roupies, avant de proposer de « régler ça rapidement » pour une somme bien moindre payée directement en liquide, une pratique de racket institutionnalisé que tout le monde connaît sur l’île. Les montants réellement encaissés varient énormément selon les témoignages : certains évoquent une amende tournant généralement entre 30 et 60 euros selon les capacités de persuasion du conducteur, d’autres mentionnent un plafond théorique pouvant atteindre 2 millions de roupies, soit environ 130 euros.
Officiellement, l’agent devrait proposer un choix binaire : un ticket bleu, où l’on reconnaît l’infraction et paie l’amende auprès d’une banque en récupérant ses papiers ensuite, ou un ticket rose, permettant de contester l’amende devant un tribunal. Dans les faits, très peu de touristes optent pour la voie judiciaire face à un policier qui propose un règlement immédiat et bien plus modeste.
Pourquoi la police a durci le ton en 2026
Ce genre de contrôle n’est plus l’exception mais la norme sur les grands axes touristiques. La règle elle-même n’est pas nouvelle, mais son application est devenue nettement plus stricte en 2026, avec des vérifications régulières dans des zones comme Canggu, Seminyak, Uluwatu, Kuta et Ubud. Les autorités locales semblent avoir décidé de mettre fin à des années de laisser-faire vis-à-vis des visiteurs étrangers.
Le risque financier réel ne se limite d’ailleurs pas au ticket. Lors d’un contrôle, les forces de l’ordre balinaises exigent la carte grise du véhicule (STNK), le permis national et l’IDP ; l’absence de l’un de ces documents entraîne généralement une amende de 300 000 à 500 000 roupies par document manquant. Multipliez ce chiffre par trois si vous n’avez ni carte grise en main, ni permis international, ni casque, et l’addition grimpe vite.
Le vrai danger, ce n’est pourtant pas l’amende sur le bord de la route, mais ce qui se passe après un accident. Sans les bons documents, l’assurance voyage refuse généralement toute prise en charge, laissant le conducteur seul face à des frais hospitaliers pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros dans les cliniques privées de l’île. Une chute banale sur une route glissante peut ainsi se transformer en gouffre financier, voilà qui remet en perspective le prix d’un IDP, à peine une vingtaine d’euros dans son pays d’origine.
Éviter la mauvaise surprise avant même de louer
La solution tient en une démarche simple, à accomplir avant de partir et surtout pas sur place. Demander son permis international auprès de l’organisme compétent de son pays (automobile club, préfecture selon les pays) prend généralement moins d’une heure et coûte une somme modeste. Ce document, reconnu par les Nations unies, traduit le permis national en dix langues et est accepté dans plus de 150 pays, dont l’Indonésie. Attention toutefois : il ne remplace jamais le permis national, il l’accompagne et le traduit, les deux documents doivent être présentés ensemble lors d’un contrôle.
Reste un détail que peu de voyageurs anticipent : l’IDP ne fait que retranscrire les catégories déjà inscrites sur le permis d’origine. Un conducteur qui n’a jamais passé l’épreuve moto dans son pays natal n’obtiendra donc jamais un IDP valable pour un scooter, quelle que soit la method utilisée pour l’obtenir. Dans ce cas précis, mieux vaut se tourner vers Grab ou Gojek pour explorer les rizières d’Ubud et les plages de Canggu, plutôt que de jouer à la roulette avec les barrages de police.
Sources : coucoulemonde.com | indonesie-tourisme.fr
