La Valette affiche complet sur les plateformes de réservation dès la mi-août pour le mois de septembre. Logique : c’est la période où l’on pense enfin échapper à la canicule et à la cohue de juillet-août. La fréquentation reste pourtant élevée en avril, mai, juin, septembre et octobre à La Valette, la très haute saison ne concernant que juillet et août. septembre n’est pas la basse saison qu’on imagine. Et pendant que tout le monde se dispute les mêmes ruelles baroques et les mêmes tables en terrasse, une île entière continue de vivre l’été à son rythme, à quelques encablures de mer.
À retenir
- Pourquoi tout le monde réserve La Valette en septembre — et pourquoi c’est une erreur
- L’alternative à 4,65 euros que 90% des touristes ignorent
- Les festivals locaux de septembre à Gozo que les guides touristiques ne mentionnent pas
Sommaire
La Valette en septembre : moins de chaleur, pas forcément moins de monde
Le calcul touristique paraît imparable sur le papier. Visiter Malte en septembre permet de profiter du soleil, de la culture et des plages sans subir la foule extrême de l’été, et la mer garde sa chaleur accumulée depuis juillet. Sur le thermomètre, rien à redire : la température maximale grimpe encore à 27°C ce mois-là, largement de quoi finir la saison en tongs.
Le problème, c’est que cette petite musique du « septembre tranquille » a fini par convaincre à peu près tout le monde en même temps. La fréquentation touristique commence certes à diminuer après la haute saison, ce qui permet souvent de profiter de tarifs plus avantageux qu’en juillet et en août, mais diminuer ne veut pas dire s’effondrer. Un hôtel avec vue sur le port du centre historique se négocie encore autour de 143 euros la nuit en septembre, un tarif qui n’a rien d’un rabais de fin de saison. La capitale maltaise, classée à l’UNESCO, reste minuscule : ses ruelles pavées absorbent mal des flots de visiteurs qui débarquent des bus de croisière dès 9 heures du matin.
Certains voyageurs ont trouvé la parade sans quitter la baie. Les Trois Cités, Vittoriosa, Senglea et Cospicua, situées juste en face de La Valette, restent moins fréquentées par les touristes et dévoilent un visage plus authentique de Malte, entre marinas et ruelles historiques. C’est déjà une bonne respiration. Mais pour ceux qui veulent vraiment retrouver l’ambiance d’un mois d’août sans la densité de population qui va avec, il faut pousser un peu plus loin. Sur l’eau, direction le nord.
Gozo, l’île qui n’a pas eu le mémo sur la fin de l’été
Gozo, la petite sœur rurale de Malte, cultive un rythme totalement différent. Moins d’hôtels-tours, plus de fermes en pierre calcaire, des plages où l’on trouve encore une place sans réserver de transat trois jours à l’avance. La traversée reste d’une simplicité déconcertante, à condition de choisir la bonne porte d’entrée.
Deux options existent, et elles ne se valent pas en durée. Au départ de Cirkewwa, à l’extrémité nord de Malte, un ferry part toutes les 45 minutes, de jour comme de nuit, et la traversée dure un peu moins de 30 minutes. C’est la version rapide, celle qui colle vraiment à l’idée d’une escapade de moins d’une demi-heure. L’autre solution, plus confortable pour qui loge déjà dans la capitale, part directement du port de La Valette : cette liaison directe vers Gozo dure environ 45 minutes, un format qu’on retrouve aussi chez l’opérateur Gozo Fast Ferry, qui accepte même les vélos à bord moyennant réservation d’une place dédiée. Quinze minutes d’écart, mais le même dépaysement à l’arrivée.
Une fois sur l’île, le contraste saute aux yeux. Là où La Valette carbure aux visites guidées chronométrées, Gozo garde son calendrier local bien vivant. L’île organise notamment un festival du vin à Nadur et une fête de la fraise à Mġarr, deux rendez-vous qui n’ont rien à voir avec le tourisme de masse et qui rassemblent surtout des habitants. On y vient pour la lagune bleue de Dwejra, les falaises de Ta’ Pinu ou simplement pour s’installer à une terrasse sans attendre vingt minutes qu’une table se libère.
Organiser la traversée sans mauvaise surprise
Le budget reste dérisoire face au gain en tranquillité. L’aller-retour depuis Cirkewwa coûte 4,65 euros par adulte et 1,15 euro par enfant, transport de voiture en supplément pour ceux qui veulent explorer l’île à leur rythme plutôt qu’en bus. À La Valette même, il existe aussi des liaisons courtes qui méritent le détour avant même de penser à Gozo : la navette entre Sliema et La Valette ne prend que 10 minutes et offre une vue sur Manoel Island et le port de Marsamxett, tandis que côté Grand Harbour, une traversée de 20 minutes mène vers les marinas de Birgu et Isla. De quoi étaler la visite sur plusieurs jours et plusieurs ambiances sans jamais reprendre l’avion.
Le vrai piège, en septembre, ce n’est pas la météo ni le prix du billet. C’est de rester scotché aux mêmes trois kilomètres carrés de remparts pendant que le reste de l’archipel tourne à un rythme complètement différent. Un dernier détail à connaître avant de réserver : les horaires des ferries vers Gozo changent sensiblement hors saison, avec un service resserré à partir de novembre, ce qui rend septembre-octobre la fenêtre idéale pour combiner encore chaleur estivale et fréquentation en baisse sur l’île voisine.
Sources : maltetourisme.fr | visiter-malte.com
