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Vingt-six degrés en plein hiver égyptien, quand la mer d’Hurghada fait déjà grelotter les baigneurs les plus téméraires : c’est la promesse de Marsa Alam, cette station balnéaire posée 300 kilomètres plus au sud sur la même côte de la mer Rouge. Un écart de température qui n’a rien d’anecdotique pour qui rêve de plonger sans combinaison en janvier.

Le phénomène est documenté noir sur blanc par les données climatiques. La température moyenne de l’eau à Marsa Alam atteint 26,10°C sur l’année, un chiffre qui inclut les mois les plus frais. Pendant que les touristes d’Hurghada ressortent parfois de l’eau frigorifiés à cause du vent, plus au sud la donne change radicalement.

À retenir

  • Pourquoi cette côte égyptienne reste mystérieusement 2 à 3 degrés plus chaude en hiver
  • Comment un désert au bord de l’eau change complètement la donne thermique
  • Ce secret de salinité que les guides touristiques oublient systématiquement de mentionner

Pourquoi Marsa Alam garde une longueur d’avance thermique

La comparaison entre les deux stations est sans appel. En hiver, la mer à Marsa Alam est plus chaude d’environ deux à trois degrés qu’à Hurghada, tandis que cette dernière subit un vent souvent frais et assez fort. Ce vent, justement, change tout : ce n’est pas tant la température absolue de l’eau qui pose problème à Hurghada, mais la sensation de froid amplifiée par les rafales qui balaient la baie en hiver.

Marsa Alam, elle, profite d’une configuration géographique plus abritée et d’une latitude légèrement plus basse, deux facteurs qui suffisent à maintenir la mer dans une zone de confort inhabituelle pour la saison. Mi-janvier, les relevés y affichent encore une température autour de 26 degrés, largement au-dessus de ce que proposent la plupart des destinations méditerranéennes en plein été.

Le climat terrestre suit la même logique. Les mois d’hiver, de décembre à février, y sont doux, avec des températures diurnes oscillant entre 20 et 25°C et des nuits rarement inférieures à 15°C. Une douceur qui tranche avec les nuits parfois surprenamment fraîches d’Hurghada, où un peu d’air froid peut occasionnellement faire chuter les températures nocturnes à environ 5°C entre décembre et février.

Un désert au bord de l’eau la plus chaude

Le secret de Marsa Alam tient en un mot : désert. Le climat y est classé désertique, avec pratiquement aucune pluie toute l’année, selon la classification de Köppen-Geiger en catégorie BWh. Résultat, un ensoleillement quasi permanent qui réchauffe durablement les eaux côtières, même quand l’air se rafraîchit la nuit.

Ce climat désertique garantit un ensoleillement presque constant et des températures élevées tout au long de l’année, avec une moyenne de plus de 300 jours de soleil. Peu de destinations en Méditerranée ou même ailleurs en Égypte peuvent afficher un tel bilan solaire, saison après saison.

Ne vous fiez pas pour autant aux idées reçues sur une chaleur totalement figée : les variations existent bel et bien. La température moyenne de l’eau à Marsa Alam atteint 23,7°C en hiver, 24,1°C au printemps, grimpe à 28,9°C en été et redescend à 27,9°C en automne. Un différentiel de cinq degrés entre les extrêmes, ce qui reste modeste comparé aux écarts saisonniers qu’on observe sur la façade atlantique française, où la mer peut passer de 12°C en hiver à plus de 22°C en été.

Ce que cette eau plus chaude change pour les visiteurs

Pour les amateurs de snorkeling et de plongée, ce delta thermique n’a rien de cosmétique. Une eau à 26°C plutôt qu’à 20 ou 22°C permet de rester immergé plus longtemps sans combinaison épaisse, un détail qui compte pour observer tranquillement les fonds marins. La zone qui s’étend de Hurghada à Marsa Alam, en passant par Sharm el-Sheikh et les îles du sud, abrite plus de 1 200 espèces de poissons et 280 variétés de coraux, un patrimoine sous-marin que la douceur de l’eau rend d’autant plus accessible.

Marsa Alam a d’ailleurs bâti sa réputation récente sur cette faune exceptionnelle. Les baies d’Abu Dabbab et de Marsa Mubarak sont un spot régulier pour observer les tortues de mer et même, plus rarement, le dugong, ce mammifère marin cousin du lamantin devenu quasiment l’emblème discret de la région. Autant dire que la station, longtemps restée dans l’ombre d’Hurghada et de Charm el-Cheikh, s’impose désormais comme une alternative sérieuse pour qui cherche calme et biodiversité plutôt que parcs aquatiques et animation nocturne.

Côté budget, il faut néanmoins compter avec un léger surcoût. Si Marsa Alam gagne en confort thermique hivernal, elle affiche aussi des tarifs environ 10 à 20% plus élevés qu’Hurghada, une différence qui reste raisonnable au regard du confort de baignade gagné.

Reste un détail que peu de guides mentionnent : la salinité. La mer à Marsa Alam affiche une salinité de 38,65‰, contre une moyenne mondiale des océans de 35‰. Une eau plus salée, donc plus dense, qui facilite légèrement la flottaison et explique en partie pourquoi la mer Rouge a cette réputation de bassin presque thérapeutique. De quoi transformer une simple baignade hors saison en argument sérieux face à un hiver européen qui, lui, ne fait toujours pas de cadeau.