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Deux ans d’épargne pour un billet vers le pays des geysers. C’est le plan qu’avait dans un premier temps ce couple de voyageurs, avant de tomber, presque par hasard, sur une alternative à quatre heures de vol de Paris : l’île de São Miguel, aux Açores. Résultat, le même vertige volcanique, les mêmes lacs turquoise nichés dans des cratères, les mêmes bains fumants au milieu de la végétation, pour un budget divisé par deux.

À retenir

  • Trois lacs de cratère rivalisent avec ceux d’Islande, accessibles en 40 minutes de route
  • Les bains chauds naturels de Furnas attirent autant que le Blue Lagoon, sans les foules extrêmes
  • Le vol depuis la France coûte à peine 190 euros, quand l’Islande impose des budgets trois fois supérieurs

Des lacs de cratère qui rivalisent avec ceux de l’Islande

São Miguel, la plus grande île de l’archipel des Açores, s’est forgée une réputation de « petite Islande tropicale » pour une raison simple : son sous-sol raconte la même histoire, celle de volcans effondrés dont les cratères se sont remplis d’eau au fil des siècles. Dans ces terres volcaniques, les stigmates des éruptions ont creusé des trous profonds, et ces caldeiras s’emplissent parfois d’eau aux couleurs surnaturelles, créant des lacs inouïs. Le résultat le plus photographié se trouve du côté de Sete Cidades, où les lacs jumeaux brillent de mille feux, le Lagoa Azul d’un bleu intense et le Lagoa Verde d’un vert chatoyant, visibles depuis le point de vue de Vista do Rei.

Un peu plus au centre de l’île, le Lagoa do Fogo complète ce triptyque minéral. Atteindre ce lac est une aventure en soi : la route sinueuse qui y mène est parfois fermée en haute saison, du 15 juin au 30 septembre, période durant laquelle une navette prend le relais, et le lac, situé à 800 mètres d’altitude, est souvent enveloppé de brume. La patience paie toujours, ici comme en Islande face au brouillard capricieux des hautes terres. Troisième acte du décor, la vallée de Furnas, où le Lago das Furnas figure parmi les principaux lacs de l’île, aux côtés de Sete Cidades et de Fogo. Trois cratères, trois ambiances, une seule île. En Islande, il faut souvent rouler des heures entre deux sites majeurs ; à São Miguel, quarante minutes de route suffisent généralement pour enchaîner les points de vue.

Les bains chauds, sans les foules du Blue Lagoon

C’est là que la comparaison prend tout son sens. Aux Açores comme en Islande, on trouve des « hot pots », sources chaudes au beau milieu de la nature, et de plus grands complexes basés sur la géothermie ; aux Açores, l’île des sources chaudes est São Miguel, et tout particulièrement la région de Furnas, où des dizaines de piscines naturelles tièdes et fumantes s’ouvrent au milieu des fougères géantes. Le parc thermal de Terra Nostra, avec son eau jaunie par le fer, en est devenu l’emblème. L’eau volcanique des sources chaudes atteint environ 40°C, riche en fer et autres minéraux bénéfiques pour la peau.

À quelques kilomètres, la Poça da Dona Beija offre une expérience plus intimiste. Au lieu d’un grand bassin, ce site propose cinq petits bassins extérieurs disséminés dans la végétation luxuriante, pour un billet également un peu moins cher. Un conseil qui revient systématiquement chez ceux qui ont testé les deux destinations : prévoir un maillot de bain foncé, car l’eau riche en fer peut tacher les tissus clairs, et des sandales aquatiques pour éviter de glisser sur les roches. Autre différence de taille avec l’Islande : ici, pas de geyser qui menace de projeter votre marmite de cozido dans les airs. Heureusement pour les restaurateurs de Furnas, il n’y a pas de geyser aux Açores, aucun risque de voir les légumes rejoindre les étoiles — la tradition locale consiste justement à cuire les plats directement dans le sol volcanique brûlant, une curiosité culinaire qu’aucun geyser islandais ne propose.

Autour du Lagoa do Fogo, la Caldeira Velha ajoute une cascade d’eau chaude à ce circuit thermal. Ce complexe géothermal situé en plein milieu des routes de montagne abrite la fameuse cascade d’eau chaude ainsi que d’autres bains chauds. Seul bémol, et il est de taille pour qui rêve de solitude contemplative : ce lieu aux allures paradisiaques n’est plus une oasis de tranquillité, c’est surpeuplé, il ne faut pas s’attendre à avoir la cascade pour soi tout seul. Le succès a un prix, même à moitié de celui de l’Islande.

Le budget qui change tout

Sur le papier, la logistique paraît presque dérisoire comparée à un vol long-courrier vers Reykjavik. Depuis Lisbonne, le vol vers les Açores dure environ deux heures, ce qui permet de combiner facilement l’escapade volcanique avec un city trip dans la capitale portugaise. Côté tarifs, les offres depuis la France affichent des débuts de fourchette qui n’ont rien à voir avec les prix islandais en haute saison : certains comparateurs annoncent des vols vers Ponta Delgada à partir de 192 euros depuis plusieurs villes françaises, quand d’autres évoquent des promotions ponctuelles encore plus agressives.

Sur place, l’archipel joue la carte de la douceur climatique toute l’année, un argument que l’Islande ne peut pas revendiquer avec ses hivers polaires. Grâce à son climat modéré avec des températures douces toute l’année, il n’existe pas vraiment de basse saison aux Açores. Concrètement, cela signifie des tarifs d’hébergement moins sujets aux pics extrêmes observés en Islande entre juin et août, période où les prix des chambres flambent près du cercle polaire.

Reste un détail logistique à anticiper avant de partir : la voiture n’est pas une option mais une nécessité, exactement comme sur les routes islandaises. Sans véhicule, impossible d’enchaîner Sete Cidades le matin, Lagoa do Fogo à midi et les bains de Furnas au coucher du soleil. Le vrai luxe de São Miguel tient peut-être là : offrir la même sensation de bout du monde volcanique, mais sur une île qui se traverse en une petite heure de voiture, quand l’Islande impose des centaines de kilomètres de ring road pour espérer tout voir.