Cinq minutes de traversée, un billet à 1,50 €, une vue imprenable sur les bastions de La Valette : le ferry qui relie Sliema à la capitale maltaise a tout pour séduire. Pendant que je m’installais sur le pont supérieur, d’autres touristes négociaient une place sur un water-taxi privé, payant jusqu’à dix fois le prix pour un trajet quasi identique. J’étais convaincu d’avoir trouvé le bon plan. C’est au retour, en pleine soirée, que j’ai compris pourquoi ces gens-là avaient sorti leur portefeuille sans discuter.
À retenir
- Le ferry public coûte 1,50 € mais ferme ses portes à une heure précise selon la saison
- Les water-taxis privés demandent 10 à 15 fois plus cher, mais offrent une flexibilité sans limite d’horaire
- Coincé le soir sans service de retour, le voyageur doit finalement payer le prix fort pour rentrer
Sommaire
Un aller à 1,50 €, la meilleure affaire du voyage
Le ferry Sliema-Valette n’a rien d’un secret bien gardé. Depuis Valette, la route la plus rapide et la plus pittoresque reste le ferry lui-même, qui ne prend qu’environ 5 minutes et coûte approximativement 1,50 €. Une broutille comparée au prix d’un taxi terrestre qui devrait contourner tout le port. Les ferries partent chaque jour toutes les 30 minutes de 7h à 20h, avec des tarifs adultes à 1,50 € l’aller simple, 2,80 € l’aller-retour, et diverses formules multi-trajets dont un abonnement hebdomadaire à 10 €. Autant dire que pour qui reste plusieurs jours dans le coin, la rentabilité est immédiate.
Le charme opère dès l’embarquement. Le ferry de Sliema offre un moyen rapide et abordable de voyager entre Sliema et Valette, avec des vues panoramiques sur le port, et le trajet ne prend que 5 à 10 minutes avec des départs toutes les demi-heures. J’avais réservé ma place mentalement, billet en poche, pensant avoir déjoué le piège touristique classique. Petit bémol logistique : il est conseillé d’avoir des pièces sur soi car les cartes bancaires ne sont pas acceptées et la monnaie est limitée. Rien de dramatique, juste un détail à anticiper avant de se présenter au guichet.
Pourquoi les autres payaient dix fois plus
Sur le quai, à côté de la file d’attente du ferry public, les fameux dghajsa (ces barques traditionnelles maltaises) attendaient le client. Leur argument de vente : la flexibilité totale, sans horaire imposé. Une dghajsa transporte 6 à 8 passagers, et une traversée coûte environ 2 euros par personne, soit dans les 15 euros pour l’ensemble de la traversée. Mais ce prix grimpe vite selon l’heure et la demande. Il existe une forme de tarification dynamique, un peu comme chez Uber : si les bateliers ne sont pas occupés, ils acceptent n’importe quelle offre, faute de clients. À l’inverse, quand la demande explose ou que les horaires classiques sont dépassés, le prix suit la même logique, mais en sens inverse.
Il y a aussi les tours organisés, plus onéreux encore. Une excursion sur les plus gros bateaux au départ de Sliema coûte dans les 40 euros pour deux personnes, pour environ 90 minutes de navigation dans les ports de part et d’autre de Valette. Ces touristes-là ne payaient pas seulement un transport : ils achetaient un commentaire guidé, une flexibilité horaire et l’assurance de rentrer quelle que soit l’heure. Ce dernier point, je n’y avais pas pensé une seconde.
Le retour qui change tout
La soirée maltaise s’étire agréablement à Sliema, entre les terrasses face à la mer et les vitrines encore allumées. J’avais prévu de reprendre le même ferry pour rentrer, tranquille, sans me soucier de l’horaire précis. Erreur de débutant. Le service ne tourne pas de la même façon toute l’année : le service commence à 8h45 et se termine à 18h30 certains jours, tandis qu’un service de nuit démarre à 19h30 avec des tarifs différents lorsque le service estival s’étend jusqu’à minuit. Hors saison estivale, la fenêtre se referme donc bien plus tôt que ce que j’imaginais.
Un avis laissé par un habitué résume parfaitement la situation dans laquelle je me suis retrouvé : il n’y a pas de service en soirée tardive hors saison. Sur le quai, plus aucun ferry en vue, plus aucun panneau lumineux annonçant un prochain départ. Seuls restaient les bateliers des water-taxis, ceux-là mêmes que j’avais snobés le matin avec un petit sourire satisfait. Cette fois, impossible de négocier sereinement : c’était eux ou une marche interminable autour du port jusqu’à un arrêt de bus, sans certitude d’attraper la correspondance vers La Valette avant la fermeture du site que je visitais.
J’ai payé. Le prix ? À peu près ce que les autres avaient déboursé le matin même. La leçon est là, toute simple : le ferry à 1,50 € reste la meilleure affaire de Malte, mais uniquement dans sa fenêtre de fonctionnement. Passé cette heure, la flexibilité du water-taxi devient plus qu’un luxe, elle devient la seule option viable.
Ce qu’il faut vérifier avant de traverser le port
La météo joue aussi un rôle qu’on sous-estime facilement. Le service dépend des conditions météorologiques, si bien qu’il arrive de devoir finalement prendre le bus les jours de tempête ou de vent fort. même en pleine saison, un simple coup de vent peut clouer les bateaux au port et transformer un trajet de cinq minutes en périple d’une heure par la route. Avant de planifier son retour à la dernière minute, mieux vaut consulter le panneau d’affichage du quai ou le site de l’exploitant : l’écart de prix entre 1,50 € et 15 €, lui, ne pardonne pas l’improvisation.
Sources : scribd.com | maltainsideout.com
