Trente minutes. C’est le temps qu’il faut pour quitter la Grèce et atterrir dans un tout autre monde, sans même prendre l’avion. Depuis le port de Corfou, plusieurs compagnies assurent la traversée vers Saranda, en Albanie, avec des traversées les plus rapides d’environ 30 minutes assurées par Finikas Lines, Ionian Seaways et Albania Luxury Ferries. De l’autre côté du détroit ionien s’étend la Riviera albanaise, une côte encore largement épargnée par le tourisme de masse, et c’est précisément ce qui change tout pour qui a l’habitude des plages bondées de Corfou.
La comparaison est presque injuste. Corfou, avec ses criques photographiées mille fois par jour et ses restaurants qui affichent complet dès 20 heures, reste une île magnifique mais saturée en haute saison. De l’autre côté du bras de mer, la côte albanaise de Vlorë à Saranda offre certains des plus beaux paysages méditerranéens d’Europe. Une côte qui s’étire sur plus de cent kilomètres et qui n’a, pour l’instant, pas connu la bétonisation systématique de certaines stations grecques ou espagnoles, même si des voix locales commencent à s’inquiéter du rythme des constructions récentes.
À retenir
- Une traversée de 30 minutes sépare les plages bondées de Corfou d’un univers méditerranéen largement épargné par le tourisme
- Les hébergements côté albanais coûtent souvent deux à trois fois moins cher qu’à Corfou, sans sacrifier la beauté
- Septembre s’impose comme la fenêtre idéale pour explorer cette côte : mer chaude, foules réduites, prix en baisse
Sommaire
Ksamil, la plage qui vaut le détour
Le nom qui revient sans cesse dans la bouche des voyageurs qui ont fait la traversée, c’est Ksamil. Un village côtier situé à quelques kilomètres au sud de Saranda, où l’attraction principale est ses plages incroyablement belles. Ici, pas une seule grande plage mais une mosaïque de criques : la plage de Ksamil se compose de nombreuses petites plages différentes, dispersées autour de la ville. Quatre îlots minuscules émergent juste en face de la côte, à quelques brasses de la rive, et créent ce décor de carte postale qui a fini par circuler sur les réseaux sociaux ces dernières années.
Pour ceux qui cherchent encore plus de tranquillité, il existe des recoins presque confidentiels autour de Saranda. Mirror Beach, par exemple, doit son nom à ses eaux si limpides qu’elles reflètent littéralement le ciel. Un peu plus loin, deux autres criques, Kakoma et Krorëza, restent difficiles d’accès par la route : elles se trouvent proches de Saranda, entre Qeparo et Ksamil, dans une zone préservée et difficilement accessible par la terre. La seule façon d’y arriver dans de bonnes conditions reste le bateau, une excursion qui se pratique facilement depuis le port de Saranda.
Pourquoi dormir côté albanais change la donne
Le vrai basculement, ce n’est pas seulement la beauté des plages. C’est l’écart de prix et d’ambiance. Une nuit d’hôtel à Corfou en pleine saison coûte souvent le double, voire le triple, d’un hébergement équivalent à Saranda. Et la différence ne s’arrête pas au portefeuille : on y croise moins de foule, on négocie plus facilement une table en terrasse, on gare sa voiture sans tourner vingt minutes. La ville elle-même s’est transformée ces dernières années, au point que la promenade maritime a été entièrement réhabilitée récemment, accueillant cafés et restaurants sur tout le front de mer.
Rien n’est parfait pour autant. Certains voyageurs qui reviennent d’un séjour prolongé le disent sans détour : Saranda n’est pas parfaite non plus, elle est très développée et peut vite perdre de son charme en plein été. La cité a connu un boom immobilier rapide, et quelques collines autour de la ville se hérissent aujourd’hui de grues et de chantiers inachevés, un contraste frappant avec les eaux turquoise qui font sa réputation. Il faut donc voir Saranda pour ce qu’elle est vraiment : une base pratique et abordable, pas un décor figé et intact.
Organiser la traversée sans mauvaise surprise
Concrètement, la liaison fonctionne toute l’année, avec un rythme qui s’intensifie l’été. La route est disponible habituellement tout au long de l’année, même en saison basse, avec en moyenne 61 départs en ferry par semaine depuis Corfou vers Saranda. Les tarifs restent raisonnables : les tarifs vont de 23 € à 139 € selon l’opérateur et la catégorie de billet. Un détail à ne pas négliger : la ligne franchit une frontière internationale, donc un passeport valide est obligatoire pour effectuer la traversée, la carte d’identité seule ne suffisant pas toujours selon les compagnies.
Côté timing, mieux vaut ne pas arriver au dernier moment. Il faut se préparer à arriver au port de Corfou au moins 60 minutes avant le départ prévu, avec ses documents de réservation et un passeport ou une carte d’identité en cours de validité. Une fois débarqué à Saranda, la logistique reste simple : des bus interurbains partent de la gare routière, à environ 10 minutes à pied du port, reliant Saranda à Tirana, Vlora ou Gjirokastër. De quoi transformer une simple excursion à la journée en véritable prolongement de séjour.
Le meilleur moment pour tenter l’expérience reste discret mais efficace : septembre. La mer garde encore sa chaleur estivale, avec une température de 25 à 26°C, un ensoleillement quasi garanti et une fréquentation en forte baisse sur les plages et les routes, sans parler des tarifs hôteliers qui redescendent nettement. Un détail que peu de guides touristiques mettent en avant, alors que c’est souvent la fenêtre la plus agréable pour découvrir cette côte sans la cohue de juillet-août.
Sources : albania360.com | expatravelife.com
