Les touristes qui débarquent à Venise pour un week-end savent depuis longtemps que leur portefeuille va souffrir. Chambre double à 250 € la nuit en pleine saison, cappuccino à cinq euros place Saint-Marc, ticket de vaporetto plus cher qu’un ticket de métro parisien : la Sérénissime a construit sa réputation sur le romantisme, mais aussi sur des additions salées. Or à moins d’une demi-heure de train, une autre ville de Vénétie propose les mêmes canaux, la même ambiance médiévale, avec des tarifs qui tombent nettement plus bas. Cette ville, c’est Trévise.
À retenir
- Une ville vénète avec canaux et remparts à seulement 25 minutes de train de Venise
- Les hôtels 3 étoiles coûtent moitié moins cher et les restaurants pratiquent des tarifs de clientèle locale
- La stratégie gagnante : dormir à Trévise et faire des allers-retours à la journée à Venise
Sommaire
Une ville aux canaux, à un quart d’heure de Venise
Trévise n’a rien d’un secret bien gardé pour les Italiens du Nord, mais elle reste largement ignorée des circuits touristiques français. La ville, traversée par plusieurs cours d’eau et bordée de remparts, cultive pourtant un décor qui n’a rien à envier à sa célèbre voisine. Trévise est une ville intérieure historique traversée par des voies navigables sinueuses, un point commun frappant avec Venise, sans les foules qui envahissent les ruelles autour du Rialto.
La liaison entre les deux villes est d’une simplicité déconcertante. Depuis la gare de Trévise, on peut prendre le train pour Venise, avec un départ environ toutes les demi-heures, et le trajet en train jusqu’à Venise dure 25 minutes. Autant dire qu’on peut dormir à Trévise, prendre son petit-déjeuner tranquillement, puis se retrouver devant la basilique Saint-Marc avant même que les premiers groupes de croisiéristes n’aient débarqué. Trévise dispose même de son propre aéroport, prisé par les compagnies low-cost, ce qui en fait une porte d’entrée alternative pour visiter toute la région sans jamais poser ses valises sur l’île vénitienne elle-même.
L’écart de prix, chiffres à l’appui
C’est sur la note finale que la différence se fait vraiment sentir. À Venise, le budget hébergement grimpe vite dès qu’on s’approche des zones touristiques. Comptez entre 120 et 250 € la nuit en hôtel 3 étoiles à Cannaregio ou Santa Croce, deux quartiers pourtant loin d’être les plus huppés de la ville. Même les hébergements dits « pas chers » ne descendent guère sous la barre symbolique : un hôtel à 180 € la nuit reste considéré comme un hôtel « pas cher » à Venise au plus fort de la saison touristique.
À Trévise, les compteurs tournent différemment. Les plateformes de réservation affichent des nuitées à partir d’une soixantaine d’euros dans des établissements 3 étoiles bien notés, contre le double ou davantage pour un équivalent vénitien en haute saison. L’écart se creuse aussi côté restauration. Si un repas simple à Venise coûte rarement moins de quinze euros par personne hors street-food, et si un dîner dans les adresses les plus prestigieuses de Venise peut facilement atteindre 50 euros par personne, les trattorias trévisanes pratiquent des tarifs sensiblement plus doux, portées par une clientèle locale plutôt que par des visiteurs de passage prêts à payer n’importe quel prix pour une vue sur un canal.
Ce différentiel n’a rien d’un hasard. Le Nord de l’Italie, avec ses industries et ses sièges sociaux, tire les salaires et les prix vers le haut, mais Venise concentre en plus l’effet démultiplicateur du tourisme de masse. Une ville-musée où chaque commerce sait qu’il n’aura peut-être qu’une seule chance de facturer un client qui ne reviendra pas. Trévise, elle, vit encore au rythme de ses habitants, ce qui change tout sur la structure des prix : moins de rotation touristique, moins de spéculation immobilière sur les meublés de courte durée, des loyers commerciaux qui n’ont pas explosé de la même façon.
Organiser son séjour sans sacrifier Venise
Personne ne conseille sérieusement de faire l’impasse totale sur Venise. La place Saint-Marc, le pont du Rialto, une balade en vaporetto sur le Grand Canal : ces incontournables gardent leur pouvoir de fascination, quel que soit le prix payé pour les voir. La stratégie la plus rationnelle consiste plutôt à inverser la logique habituelle. Au lieu de dormir sur place et de subir des tarifs gonflés par la rareté du foncier insulaire, on pose sa base à Trévise et on effectue des allers-retours à la journée.
Cette approche a un autre avantage, plus discret mais tout aussi concret : elle limite la pression exercée par le voyageur lui-même sur une ville qui croule sous les visiteurs. Venise a d’ailleurs mis en place depuis plusieurs saisons un système de contribution d’accès pour les visiteurs à la journée, signe que la municipalité cherche activement à réguler des flux touristiques devenus difficiles à gérer. Séjourner à Trévise, puis rayonner vers Venise, Padoue ou les collines viticoles voisines, permet de vivre l’expérience vénitienne sans alimenter cette saturation, tout en gardant un budget maîtrisé pour l’hébergement et la table.
Un détail amuse souvent les premiers visiteurs de Trévise : la ville revendique, avec Vérone, une partie du folklore autour de Roméo et Juliette, et son marché aux poissons installé sur une île minuscule au cœur du centre historique fonctionne encore comme au siècle dernier. De quoi rappeler qu’en Vénétie, le charme italien ne s’arrête pas aux frontières de la lagune, il continue simplement, à prix plus doux, quelques gares plus loin.
Source : masculin.com
