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« Je pensais qu’il y avait toujours une navette de nuit vers Split » : sur le quai de Trogir, on m’a expliqué ce qu’il me restait comme choix


Source: DR
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Vingt-deux heures passées, quai de Trogir. Le bateau censé filer vers Split ne viendra pas. Pas cette nuit, pas cette semaine, peut-être pas avant le printemps prochain. C’est la réponse, un peu abrupte mais honnête, qu’un employé du port a donnée à une voyageuse persuadée qu’une liaison maritime nocturne reliait en permanence les deux villes dalmates. Erreur de débutant, très répandue chez les visiteurs qui découvrent la côte croate pour la première fois.

À retenir

  • Une voyageuse découvre que sa « navette de nuit » vers Split n’a jamais existé : quels secrets cache vraiment le port de Trogir après minuit ?
  • Quatre bus seulement la nuit pour relier deux villes touristiques : comment les voyageurs se retrouvent pris au dépourvu sur la côte croate
  • Uber, taxi, ou nuit blanche sur le quai ? Les options que personne ne mentionne dans les guides quand on loupe le dernier départ

Le malentendu classique : cette navette qui n’existe pas la nuit

La confusion vient d’une ligne bien réelle, mais mal comprise. Un service maritime relie Trogir à Split via Slatine, sur l’île de Čiovo. Cette liaison est assurée par une seule compagnie, Bura Line, qui propose quatre traversées quotidiennes en haute saison, soit 28 rotations par semaine au départ de Trogir. Le trajet dure environ une heure, pour un billet à dix euros. Rien d’exotique jusque-là.

Le problème, c’est la saisonnalité. Hors saison, cette ligne ne fonctionne tout simplement pas. Et même pendant les mois d’été, personne ne navigue à minuit sur cette liaison : les quatre départs se répartissent dans la journée, du matin jusqu’en soirée, jamais après. la « navette de nuit » que beaucoup imaginent en boucle, un peu comme un métro qui roulerait sans interruption, n’a jamais existé sous cette forme entre Trogir et Split. C’est une croyance née de la fréquence estivale, confondue avec une permanence qui n’a jamais été garantie.

Ce qu’il reste réellement à minuit passé

Sur le papier, les options ne manquent pas entre les deux villes. La distance est courte, à peine trente kilomètres, et le trajet dure en moyenne une demi-heure en voiture, selon les conditions de circulation. Plusieurs opérateurs de bus, Arriva, FlixBus, Nomago ou Brioni, se partagent la route dans la journée. Mais la nuit change complètement la donne : l’après-midi reste le créneau le plus chargé avec des dizaines de bus, tandis que la nuit ne compte plus que quatre offres au total entre Trogir et Split. Quatre bus, pour toute une nuit, sur un axe pourtant très touristique en été.

Il existe aussi la ligne locale 37, celle qui dessert l’aéroport de Split en passant par Trogir. Elle roule à un rythme soutenu en journée, avec des départs toutes les 20 à 30 minutes en semaine et le samedi, et toutes les 30 minutes le dimanche, mais son utilité s’effondre après le coucher du soleil, quand les fréquences s’espacent fortement. Et attention si l’objectif est d’attraper un ferry vers les îles au petit matin : cette ligne n’est pas adaptée pour arriver à temps à un ferry ou un catamaran depuis Split, la navette aéroport étant bien plus pratique car elle dépose plus près du port. Un détail qui a piégé plus d’un voyageur pressé.

Taxi, VTC ou nuit blanche sur le port

Reste la solution la plus simple sur le papier : appeler une voiture. Les applications fonctionnent bien dans la région, et c’est là que la nuit devient presque un avantage. Uber et Bolt opèrent normalement à Split et sont souvent moins chers qu’un taxi traditionnel, largement utilisés toute l’année pour les transferts aéroport et les trajets tardifs. Une aubaine pour qui se retrouve coincé sur un quai désert à une heure où plus aucun bus ne circule.

Question budget, les écarts restent contenus sur cette distance. Les applications affichaient environ 60 kunas, soit une dizaine d’euros, pour rejoindre Trogir depuis l’aéroport de Split. Pour un trajet directement en ville, les tarifs grimpent un peu : une course en VTC depuis l’aéroport jusqu’au centre de Split tourne autour de 30 euros, contre environ 50 euros pour un taxi classique. Le port de Trogir n’est pas l’aéroport, mais l’ordre de grandeur reste comparable pour une trentaine de kilomètres. Ce qui coûtait cher, en réalité, ce n’était pas le trajet lui-même, mais l’ignorance d’une contrainte horaire toute simple.

Reste une dernière option, la moins glamour : patienter jusqu’au matin. Les bancs du front de mer de Trogir ne sont pas hostiles, la vieille ville médiévale reste éclairée toute la nuit, et les premiers bus reprennent tôt. Une nuit un peu longue, mais pas un drame, à condition d’avoir de quoi se couvrir, l’air marin fraîchissant vite passé minuit sur cette côte.

Éviter le même piège la prochaine fois

La leçon tient en une phrase : sur la côte croate, aucune ligne maritime ne fonctionne comme un service urbain continu. Chaque compagnie, qu’il s’agisse de Bura Line pour le bateau ou d’Arriva pour le bus, publie des horaires figés, souvent réduits de moitié hors saison, et personne n’affrète de rotation improvisée pour un retardataire. Vérifier l’horaire du dernier départ avant de sortir dîner, plutôt qu’en sortant du restaurant, aurait évité cette soirée sur le quai. Un réflexe tout bête, mais qui vaut pour n’importe quelle escale adriatique où la mer semble accessible en permanence alors qu’elle obéit, comme tout le reste ici, à un calendrier bien précis.