Une escale de dix jours affichée sur l’écran de réservation, sans supplément visible sur le prix du billet. Voilà exactement ce qui m’a fait douter d’un bug informatique en réservant un vol vers l’Afrique via Lisbonne avec TAP Air Portugal. Ce n’était pas une erreur : c’est un vrai programme, baptisé Portugal Stopover, qui permet d’inclure une escale gratuite à Lisbonne ou à Porto dans une réservation TAP, pour explorer la capitale ou la « Cidade Invicta » jusqu’à 10 jours, à l’aller ou au retour.
À retenir
- Un programme méconnu offre une escale gratuite jusqu’à 10 jours en plein cœur du Portugal
- Aucun surcoût sur le billet d’avion, mais aussi des réductions partenaires pour maximiser le séjour
- Les chiffres explosent : +74% d’adoptants en un an, certains marchés dépassant les 12% des réservations
Sommaire
Un billet, deux voyages, zéro euro de plus
Le mécanisme surprend la première fois qu’on le découvre. Il suffit de réserver un billet aller-retour, aller simple ou multi-destinations éligible chez TAP, d’ajouter une escale à Lisbonne ou Porto, puis de continuer vers sa destination finale sans frais de billet supplémentaires. L’escale peut se placer à l’aller ou au retour, selon le choix du voyageur, pour une durée comprise entre une nuit et dix jours. Concrètement, sur le site flytap.com, il suffit d’entrer ses villes de départ et de destination, puis de sélectionner « Add a free TAP Stopover » dans le champ de réservation ; si l’itinéraire est éligible, une fenêtre s’affiche pour préciser les détails.
Seul bémol, et il mérite d’être précisé avant de s’emballer : le logement n’est pas inclus dans le prix du tarif stopover. L’escale est gratuite au sens propre, elle ne coûte rien de plus sur le billet d’avion, mais l’hébergement, les repas et les activités restent à la charge du voyageur. Ce qui change la donne, en revanche, c’est l’accès à un écosystème de réductions pensé spécifiquement pour ces voyageurs en transit prolongé.
Pourquoi Porto plutôt qu’un simple changement d’avion
Le programme n’a rien d’un gadget marketing improvisé. Lancé en 2016 et inspiré par les offres similaires de compagnies comme Icelandair ou Emirates, le Portugal Stopover offre bien plus qu’une simple connexion aéroportuaire. Il a d’ailleurs été distingué à plusieurs reprises : le Portugal Stopover Programme a été voté meilleur programme d’escale au monde par les lecteurs de Global Traveler pour la 8e année consécutive.
Au-delà du séjour gratuit, l’aspect le plus astucieux tient dans l’effet d’entraînement sur le reste du pays. Les passagers peuvent profiter de réductions de 25% sur les vols intérieurs pour visiter une autre région du pays durant leur escale, en plus d’avantages négociés avec plus de 150 partenaires : hôtels, restaurants, activités, visites guidées, musées, lieux culturels ou encore boutiques. un voyageur en stopover à Porto peut, pour un supplément modeste, filer aussi vers Faro, Madère ou les Açores avant de reprendre son vol long-courrier. TAP a même testé une offre encore plus généreuse : la compagnie a étendu son programme d’escale gratuite en permettant un second arrêt au Portugal, avec une réduction de 50% sur le tarif aérien pour les voyages effectués après le 1er septembre, contre 25% habituellement.
Côté logistique urbaine, la proximité entre aéroport et centre-ville joue en faveur des deux destinations. Les aéroports de Lisbonne et de Porto sont proches de leurs centres-villes respectifs (Lisbonne : 7 km, Porto : 13 km), ce qui rend une escale de quelques jours réellement exploitable sans perdre un temps précieux dans les transferts. Et pour ceux qui hésitent entre les deux villes, rien n’oblige à choisir : une réduction de 25% s’applique sur les vols intérieurs TAP entre Lisbonne et Porto (environ 55 minutes de vol), et le train Alfa Pendular relie les deux villes en environ 2h45 pour 15 à 30 euros réservés à l’avance.
Un succès qui dépasse la simple anecdote de voyageur
Mon expérience personnelle n’est pas isolée, loin de là. Les chiffres publiés par la compagnie début 2025 racontent un engouement massif et grandissant. Entre janvier et juin 2025, 5% de l’ensemble des billets émis par TAP Air Portugal dans le monde comprenaient l’option Portugal Stopover ; dans le seul mois de juin, cette proportion a grimpé à 9%. En valeur absolue, cela représente plus de 193 000 clients TAP ayant ajouté le Portugal Stopover à leurs options de voyage entre janvier et juin 2025, soit une hausse de 74% par rapport à la même période l’année précédente.
Certains marchés se montrent particulièrement friands du dispositif. Le succès est particulièrement marqué au Brésil, où 12,7% des billets incluaient cette option, ainsi qu’aux États-Unis (6%). Et TAP ne compte pas s’arrêter là : « Nous poursuivons la promotion du Stopover également en Europe, où de plus en plus de voyageurs intègrent cette escale à leur parcours », souligne un porte-parole de la compagnie. Pour un transporteur historiquement positionné comme pont entre les Amériques, l’Afrique et l’Europe, la logique économique est limpide : « le Portugal Stopover contribue à promouvoir les régions et les destinations touristiques portugaises, augmentant ainsi les recettes liées au tourisme », rappelle TAP dans ses communiqués.
Ce qu’il faut vérifier avant de se lancer
Le piège classique, celui que j’ai failli commettre en pensant à une erreur de tarification, consiste justement à passer à côté de l’option par méconnaissance. Skipper le Portugal Stopover gratuit reste l’une des erreurs les plus fréquentes : sur un billet payant, on peut s’arrêter à Lisbonne ou Porto jusqu’à 10 nuits sans surcoût de billet, alors que beaucoup de voyageurs réservant en direct paient séparément une visite du Portugal qu’ils auraient pu ajouter au même billet. Un détail technique mérite aussi l’attention des voyageurs pressés : à Lisbonne notamment, l’aéroport tourne près de sa capacité, avec de fréquentes portes d’embarquement en bus et une immigration chargée, ce qui rend risquée une correspondance courte. Une raison de plus, en réalité, de transformer cette escale technique en vrai séjour plutôt que de la subir entre deux portes d’embarquement.
Sources : air-journal.fr | upgradedpoints.com
