in

Glisser un coquillage en souvenir dans son bagage peut coûter très cher : cette amende tombe de plus en plus souvent à l’aéroport

Rate this post

Un coquillage nacré ramassé au bord de l’eau, une poignée de sable doré glissée dans une petite bouteille, quelques galets parfaitement lisses. En plein été, des milliers de voyageurs rentrent de vacances avec ces petits trésors au fond de la valise, persuadés de ne rien faire de mal. Sauf que dans de plus en plus d’aéroports, ce geste anodin se termine devant un agent des douanes, avec confiscation et amende à la clé. Et les montants peuvent faire très mal au portefeuille.

Ce simple souvenir de plage qui peut vous coûter jusqu’à plusieurs milliers d’euros

La Sardaigne est devenue le symbole de cette fermeté. Sur l’île italienne, emporter du sable, des galets ou des coquillages expose à une amende de 500 à 3 000 euros, avec possibilité de poursuites pénales dans les cas les plus graves. À l’aéroport de Cagliari, les contrôles au départ sont systématiques et les saisies impressionnantes : plus d’une tonne de sable confisquée en une seule saison estivale. La Thaïlande a durci le ton elle aussi, en interdisant purement et simplement l’exportation de sable naturel. Un couple d’Européens en a fait les frais à Phuket : interpellés avec une boîte de galets et de sable ramassés sur trois îles, ils ont écopé de plusieurs heures de retenue et d’une amende, le tout sous le regard des autres passagers. Quant aux coquillages et coraux, certains relèvent de la convention de Washington, qui protège de nombreuses espèces marines. En posséder un, même trouvé mort sur la plage, peut valoir une sanction allant jusqu’à 75 000 euros dans les cas les plus sérieux.

Pourquoi les douanes traquent de plus en plus les coquillages dans les valises

Un coquillage par-ci, une poignée de sable par-là : multiplié par des millions de visiteurs, le prélèvement devient massif. La Sardaigne accueille plus de dix millions de touristes chaque année, et ses plages les plus célèbres, comme celles au sable rose de Budelli, ont vu leur littoral s’appauvrir au fil des saisons. Des habitants excédés ont même créé une page Facebook, Sardegna Rubata e Depredata, où ils publient les saisies effectuées en douane pour alerter sur ce pillage silencieux. Le sable, les coquillages et les coraux mettent des millénaires à se former, et chaque prélèvement fragilise des écosystèmes déjà sous pression. Les Maldives, l’Australie ou encore l’Islande, où la loi interdit de sortir le moindre élément naturel du territoire, appliquent la même logique : les bagages peuvent être vérifiés au départ, et les contrevenants sanctionnés sur place.

Ce qu’il faut retenir avant de remplir sa valise de trésors de vacances

En France, la règle est plus souple mais elle existe bel et bien. Ramasser quelques coquillages pour un souvenir personnel reste généralement toléré, tant que la collecte demeure raisonnable et occasionnelle. Remplir un sac entier de sable ou de galets, en revanche, constitue un abus passible d’amende, et certains sites littoraux protégés interdisent tout prélèvement. À l’étranger, la prudence s’impose encore davantage : avant de glisser quoi que ce soit dans le bagage, mieux vaut se renseigner sur la réglementation locale, surtout dans les destinations réputées strictes comme la Sardaigne, la Thaïlande, les Maldives, l’Australie ou l’Islande. Les coraux, mêmes morts, et certains gros coquillages exotiques vendus sur les marchés doivent aussi éveiller la méfiance : leur simple détention peut tomber sous le coup de la réglementation internationale, y compris au retour en France.

Entre les plages de Méditerranée bondées en ce moment et les longs courriers vers l’Asie ou l’océan Indien, la tentation du souvenir naturel n’a jamais été aussi grande. Une photo, un carnet de voyage ou un objet artisanal acheté sur place racontent pourtant tout aussi bien l’histoire d’un séjour, sans risquer une note salée à l’aéroport. Et si le plus beau souvenir de vacances, finalement, était de laisser la plage exactement comme on l’a trouvée ?