in

J’ai voulu rester trois semaines de plus en Thaïlande : au bureau de l’Immigration de Bangkok, on m’a réclamé 1 900 bahts en liquide et une photo d’identité


Source: DR
Rate this post

Trois semaines de plus sous le soleil thaïlandais, ça se négocie au guichet d’un bureau d’immigration, avec des billets froissés et une photo d’identité dans la poche. Pas de formulaire en ligne, pas de carte bancaire, juste une file d’attente et 1 900 bahts en liquide. C’est la règle, immuable, que découvrent chaque année des centaines de milliers de voyageurs qui veulent grappiller un peu de temps supplémentaire au royaume.

Le mécanisme est connu des habitués mais surprend souvent les néophytes. Le visa touristique à entrée unique (TR) coûte 1 000 bahts en frais gouvernementaux, donne droit à un séjour de 60 jours, et peut être prolongé une fois de 30 jours pour 1 900 bahts. Pour ceux qui arrivent sans visa, sous le régime d’exemption, le principe reste identique : direction le bureau d’immigration le plus proche, formulaire à remplir, et cash sur la table.

À retenir

  • Les règles de l’exemption de visa changent radicalement le 15 septembre 2026
  • Certains bureaux d’immigration traitent une demande en quelques heures, d’autres en une journée entière
  • Une extension peut être refusée si vous la demandez un jour trop tard ou un jour trop tôt

Le rituel immuable du guichet : TM.7, photo et espèces

Sur place, la procédure ne varie pas d’un bureau à l’autre. Les frais d’extension s’élèvent à 1 900 bahts, en liquide, au guichet, selon le barème officiel du Bureau de l’immigration. Aucune carte acceptée, aucun virement possible : les bureaux d’immigration thaïlandais n’acceptent que les espèces, en bahts thaïlandais, et ni les cartes, ni les virements, ni les devises étrangères ne sont acceptés pour les extensions, permis de réentrée ou amendes.

Côté paperasse, la liste est courte mais non négociable. Une demande standard nécessite généralement le formulaire TM.7, le passeport, des copies, une photo au format 4×6 cm, un justificatif d’adresse TM30, et 1 900 bahts. La photo d’identité, souvent oubliée par les voyageurs pressés, se prend d’ailleurs facilement dans les studios photo qui bordent les abords des grands bureaux d’immigration, moyennant quelques dizaines de bahts. Un détail qui peut sembler anecdotique, mais qui bloque parfois une demande entière si le dossier est incomplet.

Il faut aussi anticiper : cette extension ne se négocie pas au dernier moment. Le dossier doit être déposé pendant que le séjour actuel est encore valide ; en déposer la demande le jour même de l’expiration, ou après, change complètement la situation et peut déclencher une procédure de séjour irrégulier. Bonne nouvelle pour les indécis : les jours supplémentaires s’ajoutent à la date d’expiration initiale, donc déposer sa demande cinq jours à l’avance ne fait perdre aucun jour, les 30 jours complets sont bien ajoutés à la date de fin de séjour initiale.

Chaengwattana, la fourmilière administrative du nord de Bangkok

À Bangkok, un seul nom revient systématiquement dans la bouche des expatriés et des voyageurs de passage : Chaengwattana. Les demandeurs à Bangkok se rendent généralement à l’Immigration Division 1, au Government Complex sur Chaeng Watthana Road, chaque province gérant par ailleurs son propre bureau d’immigration local, sans centre national unique. Excentré, difficile d’accès en transports en commun, ce complexe administratif traite un volume de dossiers qui donne le vertige.

La patience est de mise. À Bangkok, où le bureau principal traite des centaines de demandes quotidiennes, il faut prévoir une journée entière, contre une à deux heures seulement dans les bureaux provinciaux moins fréquentés. Une différence qui pousse d’ailleurs de nombreux voyageurs à préférer les guichets de Chiang Mai ou Krabi, réputés plus rapides. À Bangkok même, une alternative existe désormais : un bureau situé à IT Square Lak Si, au troisième étage, qui allège un peu la pression sur Chaengwattana.

Sur le fond, le tarif ne varie jamais, où que l’on se trouve dans le pays. Le tarif officiel pour une extension standard de 30 jours est fixé à 1 900 bahts, un montant non négociable et identique dans tous les bureaux d’immigration du pays. Ce détail rassure autant qu’il agace : impossible de payer moins cher en évitant Bangkok, mais impossible aussi de se faire arnaquer sur le montant officiel. Attention tout de même aux arnaques : si quelqu’un propose de faire la démarche à un prix différent, mieux vaut se méfier.

Un cadre qui bouge à quelques jours près

Autre point à surveiller de près en ce moment : les règles d’entrée elles-mêmes évoluent. Pour les arrivées sans visa, jusqu’au 14 septembre 2026, le tampon d’exemption de 60 jours à l’arrivée peut être prolongé une fois de 30 jours, pour un total de 90 jours ; à partir du 15 septembre 2026, une exemption unilatérale révisée de 30 jours s’applique à 60 pays et territoires listés, avec une prolongation optionnelle de 30 jours pour un total d’environ 60 jours par entrée. la fenêtre pour profiter du confortable format 60+30 jours se referme dans les tout prochains jours pour les entrées sans visa classique.

Le visa touristique standard, lui, reste pour l’instant à l’abri de ce resserrement. Le Conseil des ministres thaïlandais a approuvé le retour de l’exemption de visa de 60 jours à 30 jours le 19 mai 2026, mais ce changement n’était pas encore publié au Journal officiel au moment de la rédaction ; le visa touristique classique n’est pas concerné, les demandeurs via le portail obtenant toujours 60 jours par entrée. Une distinction qui compte énormément pour qui planifie un long séjour : mieux vaut, dans le doute, opter pour un visa touristique en amont plutôt que de compter sur la seule exemption à l’arrivée.

Un dernier détail échappe souvent aux voyageurs pressés : cette extension de 30 jours ne se répète pas indéfiniment. Les entrées touristiques et sans visa n’obtiennent généralement qu’une seule extension de 30 jours par entrée, et les secondes demandes ne sont approuvées que pour des raisons documentées, comme un traitement médical. Passé ce cap, direction la frontière la plus proche pour repartir sur un nouveau cycle, ou basculer vers un visa longue durée si le pays continue de séduire.