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J’ai embarqué pour Juist avec ma valise à roulettes juste pour trois nuits : sur le quai, j’ai compris trop tard comment on rejoint son hôtel ici


Source: DR
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Trois nuits, une valise à roulettes, et la certitude tranquille que je trouverais bien un taxi sur le quai. Erreur de débutant : à Juist, il n’y a tout simplement pas de taxi, pas de voiture particulière, pas même de bus classique. J’ai découvert ça en descendant du ferry, valise en main, en scrutant un quai où personne ne klaxonnait pour attirer les clients.

À retenir

  • Aucun taxi, aucun bus classique : Juist fonctionne uniquement avec des calèches et des chariots à bagages
  • Les valises arrivent dans des conteneurs séparés du ferry : il faut retenir son numéro pour ne pas rester bloqué au quai
  • Les habitués utilisent des systèmes low-tech depuis longtemps : chariots de résidences, porteurs d’hôtels, ou livraison de bagages en amont

Une île où la voiture n’existe (presque) pas

Juist, surnommée le « Töwerland » (le pays des merveilles), s’étire sur 17 kilomètres de plages entre Borkum et Norderney, dans la mer du Nord allemande. Elle est la plus longue des îles du Nord de l’Allemagne, s’étendant sur 17 km de plages immaculées. Le concept n’est pas un argument marketing : seuls le service d’incendie, la Croix-Rouge allemande et le médecin ont un véhicule motorisé, même les policiers sont à vélo, et le bureau de poste et la compagnie de transport ont chacun une voiture électrique. Autant dire que personne ne viendra vous chercher en berline climatisée.

Le plus étonnant, c’est qu’il n’existe même pas de transport en commun classique. Sur Juist, il n’y a pas de transport public avec des bus ou des trains, ce travail étant assuré par les calèches sur l’île sans voiture de Juist. Deux compagnies se partagent des itinéraires fixes, calés sur les horaires des ferries. Une organisation presque anachronique dans une Europe où l’on croit que tout se règle avec une appli. Ici, c’est un cheval qui décide du tempo.

Le quai, ses conteneurs à bagages, et le fameux numéro à retenir

Voilà l’erreur que j’ai commise, et que je n’ai comprise qu’après coup. En arrivant par le ferry de l’île, les valises ne suivent pas les passagers sur la passerelle : elles voyagent dans des conteneurs séparés, débarqués à part. Si vous voyagez avec le ferry de l’île, vous récupérez vos valises dans les conteneurs à bagages qui sont déchargés du ferry et déposés dans la zone portuaire (attention, retenez bien le numéro de votre conteneur !). J’avais zappé ce détail. Résultat : dix minutes perdues à comparer mon étiquette avec des rangées de conteneurs qui se ressemblaient tous.

Une fois la valise récupérée, tout dépend de la destination. Si l’hébergement se trouve dans le village, on s’y rend directement à pied, la promenade sur l’île étant une activité de loisir appréciée, le trajet avec la valise devenant quasiment un entraînement complet du corps. Pour ceux qui logent au Loog, un peu plus loin, une calèche de la compagnie Schwips attend directement au port. Une calèche du service de transport Schwips vous attend, avec des horaires de départ synchronisés sur les arrivées du ferry insulaire, de sorte qu’au pire des cas, vous n’aurez pas à rester sous la pluie. Pratique, à condition de savoir que ce service existe avant même de poser le pied sur le quai.

Chariots, calèches et portage : comment les habitués s’organisent

Ce que j’ignorais aussi, c’est que la plupart des hébergements ont anticipé le problème depuis longtemps. Directement au port se trouvent les chariots à bagages, presque iconiques, de diverses résidences : il suffit d’y chercher le chariot de son loueur ou de sa loueuse et de prendre la direction de son refuge de vacances. Un système low-tech, mais redoutablement efficace, à condition d’avoir noté le nom exact de sa location avant de partir.

Pour les hôtels plus organisés, il existe même un service de porteurs. À l’arrivée du ferry insulaire, les porteurs de bagages de votre hôtel vous attendent, si un tel service vous est proposé, mais il faut au préalable prendre contact avec l’hébergement. Des frais minimes peuvent s’appliquer. En haute saison, certains établissements poussent même le confort jusqu’à livrer directement les bagages sans que le voyageur ait à s’en soucier. Encore plus détendu, on peut utiliser le service de bagages de Juist, qui achemine les affaires directement de l’hébergement en haute saison, sans porter, sans traîner, tout simplement sans problème.

Et pour les calèches touristiques classiques, celles qui font le tour du village ou longent la plage, elles servent aussi de moyen de transport de bagages tout court. Avec la calèche, une véritable expérience Juist, on peut faire un tour de l’île, faire transporter ses bagages ou faire un trajet tranquille jusqu’à l’hôtel. J’ai fini par en emprunter une, faute d’avoir anticipé, et je ne regrette rien : c’est lent, un peu grinçant, mais infiniment plus reposant qu’une course en taxi.

Ce que j’aurais dû savoir avant d’embarquer

Anticiper aurait tout changé. Certains résidents proposent même d’expédier ses bagages en amont, directement depuis chez soi, pour arriver les mains libres. Si l’on ne souhaite pas apporter soi-même ses bagages via le ferry sur l’île, ils peuvent être récupérés directement chez soi, et pendant la traversée, les bagages sont transportés dans un conteneur à bagages. Deutsche Bahn, Hermes ou La Poste allemande via DHL s’en chargent, et le colis attend sagement à l’adresse de vacances.

Pour ceux qui, comme moi, débarquent sans avoir lu la moindre notice : la première chose à faire n’est pas de chercher une borne de taxi, mais de repérer le numéro de son conteneur à bagages, puis de vérifier si son logement propose un chariot, un porteur ou une place dans la prochaine calèche. Trois nuits sur une île sans voiture, ça se prépare comme un mini-trek. Trois minutes de recherche en ligne avant le départ m’auraient évité ces dix minutes perdues, valise à la main, à observer un ballet de chevaux que je ne comprenais pas encore.