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« On allait à Corfou chaque année » : depuis qu’on a découvert cette riviera voisine à 30 minutes de ferry, on ne revient plus

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Trente minutes en ferry, et c’est un autre pays qui s’offre à vous. La riviera albanaise, avec pour porte d’entrée Saranda, s’impose comme l’alternative qui fait de plus en plus d’ombre à Corfou pour les habitués de la mer Ionienne. Même mer, même lumière, mais des prix qui n’ont rien à voir et des plages encore loin de la saturation estivale grecque.

À retenir

  • Un ferry de 30 minutes sépare Corfou d’une riviera albanaise qui explose en popularité
  • Les prix affichent un delta confortable : un aller-retour coûte à peine plus qu’un déjeuner de plage grec
  • Saranda, Ksamil et Butrint concentrent en une journée ce qui demande des jours sur la côte grecque

La traversée qui change tout

Le détail qui surprend toujours les premiers voyageurs : il suffit d’une demi-heure de bateau pour passer de la Grèce à l’Albanie. La durée de la traversée en ferry la plus rapide entre Saranda et Corfou est de 30 minutes, opérée par Finikas Lines, Ionian Seaways et Albania Luxury Ferries. Côté fréquence, l’offre est loin d’être confidentielle : il y a actuellement 44 traversées par semaine sur cette route de ferry, de quoi organiser une excursion à la journée sans se prendre la tête sur les horaires.

Question budget, la note reste légère comparée à un vol ou une location de voiture sur l’île grecque. Les prix commencent à partir de seulement 30 €, mais varient en fonction de la saison, de la disponibilité et de si vous voyagez à pied ou en voiture. Un aller-retour coûte donc à peine plus qu’un déjeuner de plage à Corfou en pleine saison. Pour les voyageurs qui atterrissent directement à l’aéroport de Corfou, la logique est même devenue un classique du sud de l’Albanie : la solution la plus populaire est de prendre un avion pour Corfou, puis un ferry rapide de 30 minutes ou un ferry classique d’1h30 qui dépose directement au cœur de Saranda.

Ksamil, Saranda, Butrint : un trio qui justifie le détour

Saranda n’est pas qu’un point de passage. La ville offre un concentré d’expériences à trente minutes de ferry de la Grèce et à 20 minutes de Ksamil ou du parc archéologique de Butrint. C’est justement cette proximité qui fait la force de la région : en une seule journée, on enchaîne baignade, ruines antiques et coucher de soleil sur la baie, sans les heures de route qu’imposerait un circuit équivalent en Grèce continentale.

Ksamil, à un quart d’heure de voiture, concentre à lui seul l’argument choc de la riviera albanaise. À environ 25 minutes de route au sud de Saranda, Ksamil fait partie des sites les plus emblématiques de la Riviera albanaise, réputée pour ses eaux turquoise, ses petites plages bordées de sable et ses îlots accessibles à la nage. Le revers de la médaille : la station n’est plus un secret pour personne. En juillet et en août, mieux vaut arriver tôt pour profiter des plages dans de bonnes conditions, le prix à payer pour une eau digne des Caraïbes qui a fini par attirer les foules qu’elle prétendait fuir.

À deux pas, le site archéologique de Butrint mérite qu’on lui consacre une demi-journée entière, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et pour ceux qui veulent voir autre chose que du bleu marin, le Blue Eye ajoute une touche presque irréelle au séjour : c’est une source d’eau douce naturelle à 25 km de Saranda, dont la couleur cobalt intrigue autant qu’elle rafraîchit en plein mois d’août.

Ce qui a changé récemment sur la côte

La riviera albanaise ne se limite d’ailleurs pas à Saranda et Ksamil. Elle s’étend entre Saranda, à la frontière grecque, et Vlorë, sur environ 140 kilomètres, une route côtière qui grimpe et redescend le long de criques encore préservées. Depuis avril 2026, un changement notable concerne les automobilistes qui empruntent le col de Llogara pour rallier le nord de la côte : le nouveau tunnel qui traverse ce passage montagneux est désormais payant, un détail à intégrer dans le budget d’un road trip.

Autre évolution à surveiller : les prix grimpent, notamment à Ksamil, où mieux vaut anticiper. Pour un séjour en juillet ou en août, la réservation d’un hébergement se fait généralement deux à trois mois à l’avance tant la demande s’est envolée ces dernières saisons. Le contraste reste toutefois net avec les tarifs pratiqués côté grec : la monnaie locale, le lek, s’échange autour de 94 unités pour un euro, et les additions au restaurant ou les nuits d’hôtel affichent encore un delta confortable face aux Cyclades ou à la Croatie voisine.

Pour les Français, la formalité administrative reste minime : une carte d’identité en cours de validité suffit pour un séjour touristique jusqu’à 90 jours, l’Albanie ne faisant pas partie de l’espace Schengen mais appliquant une politique d’entrée souple pour les ressortissants européens. Un point qui compte quand on compare la logistique d’un city-trip albanais à celle d’une destination hors UE plus lointaine.

Quand partir pour éviter la cohue

La fenêtre idéale se resserre chaque année davantage. Juin et septembre sont sans conteste les meilleurs mois, avec un temps magnifique, une mer chaude et une fréquentation bien plus raisonnable qu’en plein été. Ceux qui redoutent la foule ont donc tout intérêt à éviter juillet et août si l’on n’aime pas la foule et les fortes chaleurs, période où le front de mer de Saranda tourne à plein régime, entre terrasses bondées et musique jusqu’à tard dans la nuit.

Le front de mer de Saranda a d’ailleurs connu une véritable cure de jouvence ces dernières saisons : la promenade maritime a été entièrement réhabilitée récemment, elle accueille cafés, restaurants de bord de mer et concerts d’été, tout en conservant des prix nettement inférieurs à ceux des Cyclades voisines. Un détail qui change tout pour qui a connu la ville il y a seulement cinq ou six ans, quand les infrastructures touristiques peinaient encore à suivre l’afflux de visiteurs venus tenter l’expérience du ferry depuis Corfou.