Deux heures trente de route depuis la frontière franco-espagnole, et l’Atlantique change de nom sans changer de visage. À Santander, capitale de la Cantabrie, les vagues qui viennent mourir sur la plage d’El Sardinero ressemblent à s’y méprendre à celles de la Côte basque, pour une fraction du prix. Une chambre double s’y négocie autour de 89 euros la nuit en moyenne saison, quand l’équivalent à Biarritz ou Hossegor grimpe facilement au double en pleine saison.
Le détail qui change tout : cette ville surfe depuis plus longtemps qu’on ne le croit. Le santanderino Jesus Fiochi a ouvert la saison, en 1963, quand il a surfé pour la première fois sur la plage d’El Sardinero avec une planche achetée en France par l’intermédiaire de sa sœur. Avant lui, personne ici ne connaissait le mot « surf ».
- Les chambres à Santander se négocient autour de 89 € la nuit en moyenne saison, contre le double à Biarritz ou Hossegor
- El Sardinero, berceau du surf espagnol depuis 1963, se trouve en plein centre-ville avec cafés et restaurants à proximité
- Une traversée en bateau de 15 minutes relie Santander à Somo, le spot de référence espagnol avec une eau à 22 °C en août
- La Cantabrie dispose de 80 plages réparties sur 220 kilomètres, accessibles en moins d’une heure via l’autoroute sans péage
Sommaire
El Sardinero, le berceau espagnol du surf à deux pas du centre-ville
Contrairement à un spot isolé au bout d’une route de montagne, El Sardinero se trouve littéralement dans la ville. L’épicentre de cette histoire n’est pas une plage sauvage, mais la plus élégante et la plus urbaine de toutes, El Sardinero à Santander. On y surfe le matin, on prend un café en terrasse dix minutes plus tard, planche encore sous le bras.
Les origines remontent même un peu plus loin que Fiochi. Les premières chroniques remontent à 1961, quand Antonio Sáez et « Lolis » glissaient sur les vagues avec des planches de bois qu’ils modifiaient eux-mêmes, peintes, aux queues raccourcies et munies d’une sorte de quille improvisée. Soixante-cinq ans plus tard, la scène locale n’a jamais été aussi vivante, avec des écoles de surf qui tournent toute l’année sur cette même plage.
Santander joue aussi un rôle de camp de base. La capitale cantabrique est une ville élégante et dynamique qui constitue un camp de base idéal, reliée par un service de bateau pittoresque à la Mecque du surf de Somo. Quinze minutes de traversée, et on change complètement de spectre de vagues.
Somo, la traversée en bateau qui vaut le détour
De l’autre côté de la baie, Somo forme avec Loredo un ruban de sable qui fait figure de référence nationale. Somo et Loredo forment une étendue de sable de plus de 7 kilomètres qui relie les deux villes, le spot de surf phare d’Espagne, considéré comme l’épicentre du surf du pays. C’est ici, plus qu’à El Sardinero, que converge la majorité des surfeurs étrangers en été.
Somo Beach est un arc de sable de 2 kilomètres avec une section intérieure douce et clémente qui s’étend sur des centaines de mètres à marée basse, l’écume y a été la première vague de milliers de surfeurs espagnols, l’eau atteint 22 °C en août. Une eau à 22 degrés en plein été, c’est un détail qui compte quand on compare avec les eaux plus fraîches du Pays basque français à la même période.
La traversée en bateau entre Santander et Somo n’est pas qu’un folklore touristique. Elle permet de dormir en ville, avec ses restaurants et sa vie nocturne, tout en accédant en un quart d’heure à l’un des spots les plus complets d’Espagne. Peu de destinations de surf en Europe offrent cette combinaison ville-plage aussi fluide.
Laredo et Castro Urdiales, les alternatives à moins d’une heure
Si Santander sature en juillet-août, deux autres noms reviennent sans cesse chez les surfeurs qui connaissent la région. S’étendant sur 5 kilomètres, Laredo est l’une des plus longues plages d’Espagne, historiquement reconnue comme destination de surf de premier plan, offrant des conditions exceptionnelles, notamment quand le reste du littoral est fermé à cause des tempêtes. C’est le plan B des habitués quand la houle devient trop grosse ailleurs.
Orientation, exposition, profil des fonds : chaque plage cantabrique a sa spécialité. La plage de Laredo est orientée à l’est, ce qui la rend plus abritée que les autres, idéale par mer agitée, avec des vagues généralement plus petites et plus douces qu’ailleurs. Un profil parfait pour les débutants qui veulent progresser sans se faire secouer.
Castro Urdiales, elle, joue une autre carte : celle du charme patrimonial. C’est une ville moderne, bien que son château et son église paroissiale gothique Santa María de la Asunción datent du Moyen Âge, ses activités principales étant le tourisme, la pêche et la mise en conserve de sardines et anchois. On y surfe le matin, on visite un château médiéval l’après-midi. Rare combinaison sur une même journée.
Une région qui coche toutes les cases, sans les prix de la Côte basque
La Cantabrie compte 220 kilomètres de côte et 80 plages, la mer Cantabrique et ses fonds de sable et de roche accidentés se chargeant de faire le reste, plaçant la région parmi les destinations de surf les plus remarquables de la péninsule. Quatre-vingts plages pour une seule région, c’est presque une plage tous les deux kilomètres et demi de littoral.
La logistique interne facilite tout. Il s’agit d’une communauté à province unique, compacte et très bien connectée, l’autoroute du Cantábrico (A-8) la traversant d’est en ouest la plupart du temps sans péage, ce qui permet de changer d’endroit en moins d’une heure. Pas besoin de réserver plusieurs hôtels sur un séjour d’une semaine : un seul point de chute suffit pour couvrir Santander, Somo, Laredo et Castro Urdiales.
Reste un dernier argument, plus discret mais tout aussi concret. La Cantabrie, qui détenait jusqu’à récemment le record de la plus haute vague de l’histoire de l’Espagne (26,13 mètres), s’impose ainsi comme l’une des destinations de surf les plus remarquables de la péninsule. De quoi rappeler que derrière l’image de région tranquille et abordable se cache aussi un terrain de jeu redoutable pour les surfeurs confirmés, dès que la houle décide de sortir le grand jeu.
Sources : booking.com | carigami.fr

