Chaque été, la même scène se répétait : valises dans le coffre, direction l’Atlantique ou la Méditerranée, embouteillages sur l’A75 ou l’A10. Puis un jour, le cap a changé. Direction le Massif central, les monts du Cantal, ce volcan endormi depuis des millions d’années qui attire désormais autant les familles en quête de fraîcheur que les randonneurs aguerris. Le phénomène n’est pas anecdotique : le département a enregistré 5,46 millions de nuitées touristiques en 2025, un chiffre qui résiste bien mieux que la moyenne nationale, en recul de 2,8 % contre 8,83 % à l’échelle du pays.
À retenir
- Pourquoi les familles abandonnent massivement les plages pour un volcan endormi depuis 13 millions d’années
- Comment une station de montagne résiste mieux que le littoral français en cette année record
- Le secret caché des propriétaires cantaliens qui offrent aux vacanciers ce que la côte ne peut plus garantir
Sommaire
Le Puy Mary, star incontestée des volcans français
Impossible d’évoquer le Cantal sans parler du Puy Mary. Ce sommet, perché à 1 783 mètres d’altitude, est un joyau naturel des monts du Cantal, réputé pour son panorama exceptionnel et ses paysages volcaniques uniques en Europe. Ce qui frappe le premier visiteur venu de la côte, c’est l’échelle du site : ce territoire de 2 700 km², qui forme l’une des cinq régions du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, constitue le plus grand stratovolcan d’Europe, un cercle de 80 kilomètres de diamètre apparu il y a environ 13 millions d’années. on ne marche pas sur une simple colline, mais sur les vestiges d’un des plus grands édifices volcaniques du continent.
Pour les amateurs de randonnée, le terrain de jeu est vertigineux. Le GR 400, long de 140 kilomètres et culminant entre 750 et 1 855 mètres d’altitude, permet de faire le tour du volcan cantalien en environ 8 jours, tandis que des itinéraires plus courts de 20 à 45 kilomètres existent pour les marcheurs pressés. Depuis le sommet du Plomb du Cantal, point culminant du massif, la vue s’étend loin. Un camping local le résume bien : la vue par temps très clair s’étend des Monts Dore à la Truyère, en passant par l’Aubrac et la Margeride. De quoi faire pâlir n’importe quelle terrasse de bord de mer.
Le Lioran, une station qui ne dort jamais l’été
On pense ski, on a raison, mais on oublie l’essentiel. Les deux principaux pôles touristiques du Cantal sont le Puy Mary, classé Grand Site national de France, et la station du Lioran, la plus importante station du Massif central. En hiver, la fréquentation ne faiblit pas : la saison 2024-2025 a connu 2,05 million de passages en remontées mécaniques, soit une hausse de 25 % par rapport à la saison précédente, dopée par les vacances de Noël. Mais c’est bien l’été qui séduit les anciens fidèles de la côte : randonnées, VTT, parapente au-dessus des cratères, et surtout une fraîcheur bienvenue quand le littoral suffoque sous 35 degrés.
La météo, justement, joue un rôle qu’on sous-estime souvent. L’hiver 2026 a été marqué par des précipitations en forte hausse, avec +239,6 % de précipitations par rapport à 2025, ce qui a pesé sur le ski mais confirme aussi la générosité en eau de ces montagnes volcaniques, une aubaine pour les paysages verdoyants et les pâturages qui font la réputation fromagère du coin. Le tourisme d’hiver résiste malgré tout : l’attractivité à la journée valide cette tendance positive avec 103 400 excursionnistes comptabilisés, en hausse de 2,5 % par rapport à 2025.
Villages classés, macarons et fromages : l’autre visage du Cantal
Passé les sommets, le Cantal se découvre aussi à pied dans ses ruelles. Le département possède un riche patrimoine architectural, civil et religieux, avec ses nombreux châteaux, églises et chapelles, et des villages charmants comme Salers et Tournemire, classés parmi les plus beaux villages de France. Salers, avec ses maisons de pierre volcanique et ses toits d’ardoise, ressemble à une carte postale qu’on n’attendait pas trouver si loin de la mer.
Côté papilles, la région ne laisse personne indifférent. Les excellents fromages AOP d’Auvergne, la viande savoureuse de Salers, le pounti traditionnel et les délicieux macarons de Massiac régalent les gourmands. Et pour ceux qui cherchent la détente après une journée de marche, les thermes locaux offrent une alternative crédible aux plages surpeuplées : au pied du volcan cantalien, le centre thermal de Caleden propose une parenthèse de bien-être portée par des eaux naturellement parmi les plus chaudes d’Europe.
L’animation estivale n’a rien à envier aux fêtes de bord de mer non plus. La fête du Bleu à Riom-ès-Montagnes en est l’exemple parfait : elle a connu une augmentation de 19 % avec 23 600 visiteurs accueillis. Un chiffre qui donne le vertige pour un département qui compte à peine 145 000 habitants au total.
Le vrai avantage : la location directe entre particuliers
Reste la question pratique du logement, souvent décisive pour les familles habituées aux locations balnéaires standardisées. Dans le Cantal, le marché reste largement artisanal. Les plateformes de réservation Booking, Airbnb et Abritel ont généré 28,22 millions d’euros de revenus en 2025 dans le département, en augmentation depuis 2022, pour une durée de séjour moyenne stable de trois jours et demi. Un chiffre modeste comparé aux stations balnéaires, ce qui se traduit concrètement par des prix encore raisonnables et des propriétaires disponibles, loin des conciergeries anonymes du littoral.
Il y a quelque chose de presque ironique dans ce basculement : pendant que les plages françaises luttent contre la surfréquentation et l’érosion des dunes, un volcan endormi depuis des millions d’années accueille chaque été un peu plus de familles en quête d’air pur et de silence. La côte, elle, continuera sans doute à faire le plein. Mais pour ceux qui ont testé les crêtes du Cantal une fois, difficile de revenir en arrière.
Sources : fr.allafrica.com | cantal-destination.com
