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« Je pensais avoir gagné en confort » : pourquoi cette rangée d’avion oblige à se lever en plein vol pour récupérer son ordinateur

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Une rangée avec plus de place pour les jambes, sans personne pour vous gêner devant : sur le papier, c’est la meilleure affaire de la cabine. Dans les faits, cette place tant convoitée impose une contrainte que peu de voyageurs anticipent avant de s’installer. Il s’agit des sièges de première rangée ou d’issue de secours, ceux qu’on appelle « bulkhead » dans le jargon aérien, où l’absence de siège devant vous supprime purement et simplement l’espace de rangement au sol. Résultat : votre ordinateur portable, votre sac à main ou votre trousse de toilette doivent obligatoirement voyager dans le coffre à bagages, hors de portée pendant une bonne partie du vol.

À retenir

  • Une place convoitée qui cache une contrainte réglementaire rarement anticipée
  • L’espace gagné aux jambes se perd entièrement en accessibilité aux objets personnels
  • Comment identifier ces pièges avant de réserver et préparer son voyage en conséquence

Pourquoi cette rangée ne laisse aucune place au sol

La logique est purement mécanique. Sans dossier devant vos pieds, il n’y a rien sous quoi glisser un sac. Une rangée bulkhead est située immédiatement derrière une paroi solide, ce qui signifie qu’il n’y a pas de siège devant le passager pour y ranger quoi que ce soit. Concrètement, dans ces cas, tous les objets doivent rester dans le compartiment supérieur pendant toute la durée du vol, car aucun espace au sol n’est disponible.

Ce n’est pas une politique commerciale des compagnies, mais une exigence réglementaire. Aux États-Unis, les règles fédérales imposent que toute personne assise en rangée 1 ou dans une autre rangée avec une paroi fixe devant elle range l’ensemble de ses effets dans le compartiment supérieur pendant le roulage, le décollage et l’atterrissage. Une fois l’avion stabilisé en altitude de croisière, la règle s’assouplit un peu : il est permis de garder ses bagages à son siège une fois en croisière, mais il n’existe pas d’espace de rangement dédié, donc ces effets viennent grignoter l’espace pour les jambes déjà limité. même le fameux gain d’espace promis par ces sièges finit par se réduire dès que le sac réapparaît sur vos genoux ou entre vos pieds.

Le même principe s’applique aux rangées d’issue de secours à porte pleine grandeur, très répandues sur les long-courriers. Pour des raisons de sécurité, l’espace directement devant un siège d’issue de secours doit rester totalement dégagé pendant le roulage, le décollage et l’atterrissage, une interdiction qui s’applique à tous les objets, y compris les petits sacs, sacoches et housses d’ordinateur. L’objectif n’a rien d’arbitraire : il s’agit de garantir un accès immédiat et sans obstacle à la porte de secours en cas d’évacuation.

Le confort a un prix caché : votre ordinateur devient inaccessible

C’est là que le bât blesse pour qui travaille en vol. Un passager qui pensait gagner en confort réalise vite que ce siège transforme chaque geste anodin, sortir un chargeur, reprendre son ordinateur, en petite expédition. Dans une rangée standard, le sac à dos, la sacoche d’ordinateur ou le petit bagage cabine vivent sous le siège, à portée de main, permettant de récupérer écouteurs, collation, chargeurs ou documents sans se lever ni ouvrir les compartiments supérieurs. En bulkhead, tout cela disparaît : chaque objet doit être rangé en hauteur pour le roulage, le décollage et l’atterrissage, et sur les vols complets, le sac peut se retrouver plusieurs rangées plus loin, obligeant à des contorsions ou à demander à un voisin de se lever pour y accéder pendant la croisière.

L’anecdote qui illustre bien le problème vient d’un témoignage repéré sur Reddit et relayé par la presse américaine. Les passagers des rangées bulkhead, comme en sièges 1A et 1B, n’ont aucun espace de rangement sous le siège, et pour des raisons de sécurité, notamment pendant le roulage, le décollage et l’atterrissage, tous leurs effets doivent aller dans le compartiment supérieur. La passagère à l’origine du post s’était retrouvée avec le sac d’un voisin de la rangée bulkhead posé dans l’espace au sol qui, elle, était le sien. Le verdict de la communauté a été clair : cet espace au sol partagé appartient aux occupants de la rangée où se trouve réellement un siège devant, pas à ceux de la rangée sans espace sous les pieds. Une façon comme une autre de rappeler qu’un mètre de plus pour les jambes se paie parfois en logistique de sac à dos.

Comment éviter la mauvaise surprise avant de réserver

La parade existe, mais elle demande un peu d’anticipation. D’abord, vérifier le plan de cabine avant de choisir son siège : les rangées situées juste derrière une cloison rigide qui sépare les différentes sections de la cabine, par exemple entre la classe économique et la business, ou entre deux blocs éco, sont systématiquement concernées. Ensuite, préparer son sac en conséquence : glisser ordinateur, chargeur et écouteurs dans une pochette facilement accessible dans le bagage principal plutôt que de tout éparpiller, pour limiter les allers-retours vers le compartiment supérieur une fois la croisière atteinte.

Pour les grands voyageurs, un journaliste spécialisé dans l’aérien résume la situation sans détour : le principal inconvénient de la rangée bulkhead reste l’absence de rangement sous le siège, un point qui pèse lourd pour qui travaille en vol et tient à garder son ordinateur à portée de main plutôt que dans un coffre parfois plein dès l’embarquement. Autant le savoir avant de payer un supplément pour cette place : le gain en centimètres se négocie contre une perte d’autonomie une fois les ceintures détachées.

Un détail mérite d’être signalé : toutes les rangées bulkhead ne se comportent pas de la même façon. Sur certains appareils récents, des compagnies ont installé des séparateurs sous les premiers sièges pour délimiter un espace de rangement partiel, propre à chaque passager, même sans siège devant. Une astuce qui ne règle pas tout, puisque l’écran de divertissement individuel, lui, disparaît presque toujours dans ces rangées équipées d’un accoudoir escamotable plutôt que d’une tablette classique.