Sur un paquebot, le forfait boissons semble régler une question avant même l’embarquement : plus besoin de surveiller l’addition au bar. Pourtant, après quelques jours entre les escales, les repas inclus et les longues heures hors du navire, le calcul devient nettement moins festif. Cette option, souvent présentée comme un confort, peut transformer quelques verres en dépense superflue de plusieurs centaines d’euros.
À retenir
- Un forfait avec alcool devient généralement intéressant à partir de 5 à 7 boissons consommées chaque jour.
- Les taxes et frais de service, souvent ajoutés au tarif annoncé, font grimper la note.
- Pour une consommation modérée, l’achat à la carte reste souvent bien plus avantageux.
Sommaire
Le forfait boissons illimitées : une promesse séduisante qui alourdit vite la facture
Le forfait boissons figure fréquemment parmi les plus grosses dépenses d’une croisière, juste après la cabine. Un pass sans alcool coûte couramment entre 25 et 40 dollars par jour, tandis qu’une formule incluant les cocktails, bières et vins peut atteindre 60 à 90 dollars par jour. Certains forfaits affichés dès 39 euros paraissent accessibles, mais le montant final inclut souvent 18 à 20 % de taxes et frais de service supplémentaires. Surtout, l’option est facturée pour tous les jours du séjour, y compris ceux passés presque intégralement en escale. Dans une cabine partagée par deux adultes, l’obligation de souscrire pour chaque occupant alourdit encore l’addition.
Au troisième jour, le calcul des verres nécessaires ne laisse plus beaucoup de place au doute
La rentabilité se joue sur un chiffre très concret : il faut généralement dépasser 5 à 7 boissons par jour pour amortir un forfait complet. Avec une formule de type Easy proposée autour de 39 euros par jour, il faut déjà boire environ quatre bières ou trois cocktails quotidiennement, sans oublier les cafés payants, sodas ou eaux en bouteille. Ce rythme doit être tenu du premier au dernier jour. Une escale où le passager quitte le bateau le matin et ne revient qu’en début de soirée fait immédiatement tomber la moyenne. Sur un forfait dépassant 40 euros par jour, une journée entière à terre suffit souvent à faire basculer le calcul du mauvais côté.
Payer à la carte : l’alternative plus raisonnable selon la consommation réelle
Pour les voyageurs qui prennent un apéritif, un verre au dîner et parfois un cocktail en soirée, le paiement à la carte est souvent imbattable. L’eau aux fontaines, le thé glacé et le café américain sont habituellement accessibles sans supplément au buffet. Ces boissons couvrent déjà une bonne partie de la journée. Le forfait ne s’applique pas toujours aux restaurants thématiques et reste généralement limité aux bars principaux, au buffet et à la salle à manger. Mieux vaut aussi vérifier le plafond de prix des boissons incluses : certains cocktails ou spiritueux demandent un supplément, malgré le mot « illimité » affiché en grand.
Le forfait boissons garde un intérêt pour les passagers qui consomment réellement beaucoup, chaque jour et principalement à bord. Pour les autres, la carte bancaire risque moins de chauffer qu’un pass prépayé. Avant de cocher l’option, additionner quelques boissons réalistes, une journée d’escale et les frais de service permet d’éviter de payer l’illusion d’une liberté qui restera peut-être largement inutilisée.
