Réserver un siège côté hublot, payer le supplément, choisir sa place avec soin sur le plan de cabine, et découvrir en s’asseyant… un mur blanc à hauteur des yeux. La scène a de quoi laisser bouche bée. Ce couple pensait profiter du paysage tout au long du vol, échanger quelques photos des nuages, occuper les enfants avec la vue. À la place, une paroi lisse, aveugle, comme si l’avion avait oublié de percer une fenêtre à cet endroit précis. Ce n’est pas une erreur, ni une malchance : certains sièges vendus comme côté hublot n’en possèdent tout simplement pas.
À retenir
- Sur les Boeing 737-800 de Ryanair, les sièges 11A, 12A et 12F sont réputés dépourvus de hublot.
- Cette absence s’explique par le passage des conduits d’air conditionné dans le fuselage.
- Certaines compagnies préviennent leurs passagers, d’autres non, ce qui a déjà déclenché des litiges.
Sommaire
Une réservation soigneusement préparée qui vire au cauchemar en plein vol
Le scénario est toujours le même. On choisit son vol, on paie le supplément pour sélectionner les places, on repère les deux sièges côte à côte près du hublot, on se réjouit à l’avance du décollage vu d’en haut. Puis, au moment de s’installer, la découverte : là où devrait s’ouvrir une fenêtre ronde, il n’y a qu’une paroi blanche pleine, à hauteur d’épaule et de tête. Impossible de voir dehors, impossible d’appuyer la tempe contre la vitre pour somnoler en regardant les nuages défiler. Le siège existe bien, il est bien placé côté fuselage, mais le hublot, lui, manque à l’appel. Beaucoup de voyageurs racontent la même sensation d’être piégés, avec en prime un sentiment de tromperie sur la marchandise puisque la place a été payée plus cher que celles du milieu ou du couloir.
Ces sièges « hublot » qui n’en sont pas : le secret bien gardé des compagnies aériennes
L’explication tient à l’ingénierie de l’appareil. Sur un Boeing 737-800, les conduits d’air conditionné et divers câblages remontent le long des parois intérieures du fuselage. Pour laisser passer ces éléments techniques, il a fallu supprimer un hublot à un endroit précis. Sur ce modèle très répandu chez Ryanair, cela concerne le plus souvent les sièges 11A, 12A et 12F, parfois le 10A selon la configuration. Sur les Boeing 737 MAX 8-200 de la même compagnie, le 11A retrouve sa fenêtre, mais un autre siège perd la sienne. Les Airbus A321 et les anciens Boeing 757 exploités par certaines compagnies américaines présentent le même phénomène. Autrement dit, quasiment tous les avions moyen-courriers du marché ont au moins une rangée avec un mur plein à la place d’un hublot. Certaines compagnies, comme American Airlines ou Alaska Airlines, affichent un avertissement au moment de la réservation. Ryanair prévient également, et applique un tarif réduit sur ces places. D’autres, comme United ou Delta, ont été plus discrètes, au point qu’un litige aux États-Unis les a accusées de vendre des « sièges hublot sans hublot » sans en informer clairement les passagers. Depuis, un signal rouge apparaît chez United lorsque l’on survole le siège concerné sur le plan de cabine.
Nos conseils pour éviter le piège et choisir le bon siège avant de décoller
Quelques réflexes simples permettent d’éviter la mauvaise surprise. Avant de valider la réservation, un détour par le site SeatGuru ou AeroLOPA renseigne rangée par rangée sur la configuration exacte de l’appareil, avec la mention « no window » bien visible aux places concernées. Il suffit de vérifier le modèle d’avion indiqué sur le billet, puis de croiser avec le plan. Sur Ryanair, mieux vaut éviter par défaut les rangées 11 et 12 côté fenêtre si la vue est un critère. Sur les long-courriers, le problème existe aussi près des sorties de secours et à l’arrière, où les toilettes ou les galleys prennent parfois la place d’un hublot. Autre astuce : réserver une place légèrement en avant de l’aile, entre les rangées 6 et 10 sur la plupart des moyen-courriers, garantit non seulement une vraie fenêtre mais aussi une vue dégagée sur le paysage. Et pour qui voyage avec des enfants ou des passagers sensibles au mal des transports, la certitude d’avoir un vrai hublot change tout le vol.
Le « siège hublot » reste l’une des places les plus convoitées à bord, mais son nom peut cacher une réalité bien moins glamour qu’un ciel étoilé au-dessus des Alpes. Un simple coup d’œil au plan détaillé de l’avion évite la déception, et transforme un vol banal en vraie parenthèse suspendue au-dessus des nuages. Reste une question ouverte : les compagnies européennes devraient-elles, elles aussi, imposer un avertissement automatique et systématique lors de la réservation de ces sièges particuliers ?
