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Sept semaines de plage, de temples et de curry vert programmées depuis des mois. Et puis cette phrase, lâchée par l’agent d’immigration à l’aéroport de Bangkok ou de Phuket : votre tampon ne vaut que pour 30 jours, pas 60. Depuis le 15 septembre 2026, la durée autorisée sans visa pour les touristes français est ramenée de 60 à 30 jours. Fini le confort des deux mois pleins, place à un calcul plus serré pour quiconque a réservé un séjour long dans le royaume.

Cette réduction n’est pas une lubie de dernière minute. Une extension de 30 jours supplémentaires peut être obtenue directement auprès d’un bureau d’immigration thaïlandais, moyennant environ 1 900 THB et le dépôt d’un formulaire TM7, portant le séjour maximal sans visa de 90 à 60 jours au total. Pour un séjour de sept semaines, soit 49 jours, cette extension suffit largement à tenir la distance, à condition de l’anticiper.

Le gouvernement thaïlandais assume ce coup de frein. La réforme est justifiée par un besoin de mieux encadrer les usages détournés de l’exemption de visa, les autorités pointant notamment la pratique des visa runs et l’utilisation de séjours prolongés pour monter des sociétés-écrans ou exercer une activité non déclarée. Le régime des 60 jours, lui, datait de juillet 2024. Il avait été pensé pour relancer un secteur touristique sonné par le Covid, pas pour devenir la norme permanente.

À retenir
  • L’exemption de visa en Thaïlande passe de 60 à 30 jours depuis le 15 septembre 2026 pour les ressortissants français.
  • Une extension de 30 jours supplémentaires peut être obtenue auprès d’un bureau d’immigration thaïlandais pour environ 1 900 THB.
  • Un visa touristique consulaire avant le départ offre une alternative plus confortable pour couvrir sept semaines sans démarches sur place.
  • La pratique des visa runs, consistant à sortir et entrer du pays pour renouveler l’exemption, est désormais limitée à deux entrées annuelles.

Ce qui change concrètement pour votre voyage

Le texte a été publié au Journal officiel thaïlandais fin août. Quatre règlements du ministère de l’Intérieur ont été publiés dans la Gazette royale le 31 août 2026, entrant en vigueur le 15 septembre 2026, ramenant le séjour initial sans visa des ressortissants français de 60 à 30 jours à compter de cette date. La France conserve son éligibilité au dispositif d’exemption, contrairement à certains pays retirés de la liste.

Un point rassure les voyageurs déjà sur place ou en transit ces derniers jours. Jusqu’au 14 septembre 2026 inclus, le régime actuel de 60 jours reste applicable, et une personne admise en Thaïlande avant le changement conserve la durée inscrite dans son passeport lors de l’entrée. pas de rétroactivité punitive : le tampon posé la veille du changement garde sa valeur jusqu’au bout.

La France reste sur la bonne liste, celle des séjours de 30 jours et non des 15. Maurice et les Seychelles bénéficient désormais de 15 jours sans visa seulement, tandis que le Visa on Arrival est limité à l’Azerbaïdjan, au Bélarus et à la Serbie. Autant dire que la Thaïlande resserre la vis pour presque tout le monde, mais garde une porte d’entrée simple pour les ressortissants français.

Trois options existent pour couvrir un séjour de sept semaines sans risquer l’amende ni l’interdiction de territoire. La première, la plus simple sur le papier, consiste à demander l’extension de 30 jours sur place. Cette démarche se dépose à l’IT Square Laksi Immigration Office et permet d’étendre une fois le séjour d’entrée à un bureau d’immigration thaïlandais, pour environ 1 900 THB en espèces. Attention au timing : la demande doit être déposée avant l’expiration du premier tampon, pas après.

Deuxième option, plus confortable pour qui déteste faire la queue dans un bureau d’immigration bondé : demander un visa touristique classique avant le départ, auprès du consulat thaïlandais en France. Cette formule permet généralement d’obtenir d’emblée une durée de séjour plus longue, sans dépendre du bon vouloir d’un agent local un jour de forte affluence.

Troisième piste, réservée aux séjours vraiment étirés ou aux profils spécifiques : les visas de longue durée existants, du DTV pensé pour les nomades numériques aux visas non-immigrants pour la retraite ou les affaires. Pour les cas plus spécifiques, retraite, télétravail ou installation durable, les alternatives disponibles vont du DTV au visa non-immigrant. Sept semaines ne justifient pas forcément cette lourdeur administrative, mais l’option existe pour qui prolongerait encore son séjour l’an prochain.

Le détail qui change tout pour les habitués des visa runs

La vraie rupture concerne moins le touriste ponctuel que le voyageur régulier. Le nouveau plafond de deux entrées par an sans visa met un terme à la pratique du border run, consistant à traverser un pays voisin pour revenir aussitôt et remettre le compteur à zéro, une habitude répandue chez les résidents de longue durée et les nomades numériques depuis l’assouplissement des contrôles pendant la pandémie. Ceux qui enchaînaient les allers-retours vers le Laos ou le Cambodge pour rester indéfiniment en Thaïlande devront désormais trouver un vrai statut légal.

Pour l’immense majorité des touristes, l’impact reste limité. Plus de 70 % des touristes restent moins de 20 jours en Thaïlande, ce qui fait que l’exemption de 30 jours couvre encore la majorité des séjours des voyageurs français. Le vrai casse-tête concerne les séjours de type sabbatique, digital nomad ou retraite prolongée qui misaient sur la souplesse des 60 jours renouvelables.

Une formalité administrative reste obligatoire quel que soit le visa choisi, et beaucoup l’ignorent encore. Même exemptés de visa, les voyageurs arrivant par avion doivent remplir la Thailand Digital Arrival Card, obligatoire pour tous les non Thaïlandais depuis le 1er mai 2025. Un oubli, et c’est le blocage au comptoir avant même de discuter de la durée du tampon.

Reste un dernier chiffre à garder en tête avant de refaire ses valises : le formulaire TM7 pour l’extension coûte 1 900 bahts, payables uniquement en espèces dans la plupart des bureaux d’immigration provinciaux, cartes bancaires rarement acceptées. Autant prévoir le billet dans son portefeuille plutôt que de le découvrir au guichet, entre deux voyageurs tout aussi surpris que vous par le nouveau tampon.