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L’hôtesse avait raison, et la règle n’a rien d’arbitraire. Depuis 2026, la quasi-totalité des compagnies aériennes imposent que les batteries externes restent à portée de main du passager pendant tout le vol, jamais enfouies dans le coffre à bagages au-dessus des sièges. Cette consigne, qui surprend encore beaucoup de voyageurs, découle directement d’incidents survenus en cabine ces derniers mois.

Le cas le plus marquant remonte à début 2025. L’incendie du vol Air Busan 391 du 28 janvier 2025 a été attribué par les enquêteurs à une batterie externe rangée dans un coffre à bagages fermé. Depuis, l’industrie aérienne a tiré la leçon de cet épisode.

À retenir
  • Les batteries externes doivent rester visibles et accessibles en cabine, jamais dans le coffre à bagages ou la soute
  • Un emballement thermique en coffre fermé passe inaperçu, tandis qu’en cabine il peut être traité en quelques secondes par l’équipage
  • Deux batteries de 100 Wh maximum par passager sont autorisées ; au-delà de 160 Wh, l’appareil est interdit en avion
  • Certaines compagnies comme Lufthansa et Emirates interdisent désormais toute utilisation des batteries en vol

Pourquoi le coffre à bagages est devenu un tabou

Le problème n’est pas la batterie elle-même, mais l’endroit où on la range. Une cellule lithium-ion qui chauffe dans un sac fermé, coincée entre deux valises et loin des yeux de l’équipage, peut dégénérer sans que personne s’en aperçoive à temps. C’est tout l’enjeu du risque d’emballement thermique : une cellule peut subir un emballement thermique, provoquant une montée en température fulgurante, des fumées toxiques, voire un départ de feu. En cabine, sous le siège ou dans la pochette devant vous, un début de surchauffe se voit, se sent et peut être traité en quelques secondes par le personnel de bord.

La logique inverse s’applique en soute, où le transport de ces batteries est purement et simplement proscrit. La raison est simple : un départ de feu en soute passerait inaperçu de l’équipage, alors qu’en cabine il peut être maîtrisé immédiatement. D’où cette règle qui peut sembler tatillonne au comptoir d’embarquement, mais qui répond à une logique de détection précoce.

Trois mois. C’est à peu près le délai qu’il a fallu à plusieurs grandes compagnies pour durcir leurs consignes après les premiers incidents recensés.

Ce que disent réellement les compagnies aériennes

Air France a été parmi les premières à formaliser cette exigence dans ses conditions de transport. Selon la compagnie, les batteries externes ne doivent pas voyager en soute, elles doivent rester en cabine sous surveillance, dans un endroit rapidement accessible ; en pratique, mieux vaut la garder dans un sac personnel, une pochette ou une poche facile à atteindre, par exemple sous le siège devant vous. Ryanair applique une logique similaire mais avec un seuil de capacité précis : la compagnie autorise au maximum deux batteries externes de 100 Wh ou moins, qui doivent être gardées sur soi ou dans le petit bagage placé sous le siège, et non dans le coffre à bagages supérieur.

Le groupe Lufthansa, qui inclut Swiss, Austrian Airlines et Edelweiss, est allé plus loin depuis le 15 janvier 2026. Les powerbanks ne peuvent plus être placées dans le compartiment à bagages, mais uniquement sous le siège, sur le corps ou dans la poche du siège. Et l’usage lui-même se durcit : les powerbanks ne peuvent plus être utilisées à bord, on ne peut donc ni alimenter un appareil, ni recharger le powerbank lui-même via l’alimentation électrique de l’avion.

EasyJet suit le mouvement en interdisant elle aussi toute utilisation en vol. Emirates a franchi une étape supplémentaire encore plus stricte, avec une interdiction totale d’usage à bord depuis le 1er octobre 2025. Chaque transporteur affine ses propres marges, mais le socle reste identique : batterie visible, accessible, jamais dans le coffre.

Les seuils de capacité à connaître avant de partir

Au-delà de l’emplacement, c’est la puissance de la batterie qui détermine si elle monte à bord. Les seuils, exprimés en wattheures (Wh) et non en mAh, structurent toute la réglementation actuelle. Moins de 100 Wh, elle est autorisée sans restriction ; entre 100 et 160 Wh, il faut demander l’accord préalable de la compagnie aérienne ; au-delà de 160 Wh, elle est interdite en avion, en cabine comme en soute.

Une batterie externe classique du commerce reste largement sous ces plafonds. Une batterie de 20 000 mAh correspond à environ 74 Wh, donc sans problème pour voyager. Au niveau mondial, le guide IATA 2026 limite désormais les power banks à deux unités de 100 Wh maximum chacune, et classe les modèles au-delà de 100 Wh comme interdits dans son tableau de référence.

Deux batteries par passager, 100 Wh chacune. Voilà le nouveau standard qui s’impose partout.

Reste un piège fréquent, celui du bagage cabine réquisitionné au dernier moment. Si votre valise à roulettes se retrouve finalement envoyée en soute à la porte d’embarquement faute de place dans les coffres, il faut impérativement en extraire la batterie avant. Si le personnel au sol vous demande de placer votre trolley en soute au moment de l’embarquement, vous devez impérativement en retirer la batterie externe avant de remettre votre bagage. Un oubli à ce moment-là, et c’est la confiscation assurée, voire un refus d’embarquement dans certains cas.

La prochaine fois que vous grimperez à bord, glissez donc votre batterie dans la pochette du siège ou dans votre sac à main plutôt que dans le bagage cabine hissé en hauteur. Un geste anodin qui évite bien des désagréments, et qui, en cas de pépin réel, peut faire toute la différence entre un incident maîtrisé en quelques secondes et une situation qui échappe à tout le monde.